Little Big Soldier
Jackie Chan approche la soixantaine (encore deux ans à tenir) et voilà bien longtemps qu'il n'enthousiasme plus les foules. En même temps, entre son désir de conquérir le public international en participant à des films bas de gamme hollywoodiens et son âge qui le prive des rôles physiques qui firent son succès, il n'y avait plus grand chose, dans sa filmographie, à sauver.
Si l'on excepte "Le royaume interdit" que je n'ai pas vu, "Shinjuku Incident", pour les mêmes raisons et "Rob-B-Hood", sympathique mais manquant cruellement d'action, il faut remonter à "New Police Story", en 2004, pour trouver un Jackie Chan en forme, tentant, pour une énième fois, de faire prendre un nouveau virage à sa carrière et, avant, "Police Story 4" qui date, quand même, de 1996.
C'est dire si je n'attendais pas grand chose de ce "Little Big Soldier". Mélanger humour, cascades et ambiance Wu Xia Pian guerrier me semblait un exercice des plus casse-gueules.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que Jackie Chan s'est entièrement investi dans ce film. Scénario, production, chorégraphie, interprétation, il ne manquait que la réalisation pour compléter le tableau (cependant, connaissant le bonhomme, il n'a probablement pas hésité à imposer son point de vue à Ding Sheng, jeune réalisateur qui n'avait, à son actif que le moyen "Underdog Knight" et quelques spots publicitaires mettant en scène la star bondissante).
Pourtant, force est de constater que le film démarre de la meilleure des façons.
Après un prologue sous forme animée pour placer le film dans un contexte historique moult fois abordé dans le cinéma chinois, les guerres de réunification des provinces chinoises, le métrage démarre sur une superbe séquence d'après bataille où le sol est jonché de cadavres. Parmi eux, un fermier (Jackie Chan) qui, à défaut d'être un grand guerrier, use de subterfuges pour survivre lors de ces joutes sanglantes. Avec un plastron équipé d'une flèche rétractable, l'homme se fait passer pour mort et attend que tout le monde s'entretue.
Lorsque le fermier se relève, c'est pour assister au duel entre les deux derniers survivants, un soldat de son propre camp et un général ennemi. Ce dernier remporte l'affrontement, mais est blessé. Le fermier profite alors de l'occasion pour le faire prisonnier en espérant, en le ramenant à son camp, obtenir, en récompense, obtenir un petit lopin de terre.
Seulement, le général est en fait prince et la proie de son frère et ses hommes qui veulent s'en débarrasser pour accéder au trône.
Le budget du film semble confortable et on ne peut que s'enthousiasmer devant le jeu des deux acteurs principaux. Les décors magnifiques et les filtres de couleurs ainsi que la photographie participent, pour beaucoup, dans la qualité du métrage.
Dès la première scène, Jackie Chan se révèle parfait dans son rôle de petit bonhomme, fermier d'origine, contraint à faire la guerre et qui, par promesse à son père, veut survivre pour lui offrir une descendance alors que ses deux autres frères sont déjà morts durant les combats précédents. Wang Lee-Hom, chanteur d'origine, est également très charismatique dans son personnage de Général vaincu, prisonnier et cible de son frère. On ne peut pourtant pas dire que sa filmographie, jusque là, était encourageante, l'homme ayant même participé à un des pires films que j'ai pu voir, "China Strike Force". Enfin, dans le rôle du frère félon, Steve Yoo, ancien chanteur et mannequin coréen qui a rejoint l'équipe des comédiens cascadeurs de Jackie Chan. Caché sous les traits diaphane de son personnage, Steve fait terriblement penser au regretté Leslie Cheung, au point de donner à son personnage un côté touchant et fragile (je ne sais d'ailleurs si son suicide fait écho, volontairement, à celui de Leslie Cheung).
Le déroulé du film se fait autour du duo Chan-Wang avec les ficelles de la comédie du genre entre deux personnages opposés qui vont finir par s'unir et s'apprécier.
Le tout est agrémenté de quelques séquences de combats, parfois violentes, notamment dans celles auxquelles Jackie Chan ne participe pas, ou bondissantes, pour la participation de Jackie, très bien filmées, parfois épiques, toujours intéressantes.
Les combats dans le village des barbares sont à ce titre représentatifs des grandes qualités de l'ensemble du métrage dans les scènes d'actions, certes, rares, mais bien placées et bien réalisées.
Le film surfe donc sur une légèreté de ton qui n'empêche pas les scènes attendrissantes, tristes, avec, pour point d'orgue, l'ultime scène qui tranche avec le reste du film.
Jackie Chan trouve, ici, un bon rôle dans ce personnage à la fois espiègle, généreux, bondissant, courageux, lâche, enjoué, triste... en tout cas, un de ses meilleurs rôles depuis bien longtemps et, même si Jackie Chan n'offre plus les performances physiques d'antan (le contraire serait étonnant à son âge), il est agréable d'enfin le revoir dans un vrai bon film, généreux, sincère et maîtrisé.
Au final, "Little Big Soldier" est le retour en forme de la star du film d'action de Hong Kong dans un film servi par un scénario simple, certes, mais au service des acteurs, magnifiés par une réalisation au diapason et un final à la fois fort et touchant.
Il n'y a guère que deux chutes, lors de combats, qui sont un peu trop cartoonesques et qui contrastent avec le reste, à part ça, rien, mais strictement rien à reprocher au film, que du très bon, donc.
A noter la courte présence du trop rare Yu Rong Guang.
Les ailes de l'enfer
Le 24ème Président de la République française
MR. FAUT S'TAIRE !
Les sombres origines de Sherlock Holmes
"Les sombres origines de Sherlock Holmes" est le premier épisode d'une série anglaise datant de 2001, "Les mystères du véritable Sherlock Holmes".
A l'origine, cet épisode devait être un téléfilm unique mais, suite à son succès, quatre autres épisodes seront tournés. L'acteur principal de cet épisode, Robin Laing, sera remplacé dès le second épisode par Charles Edwards, mais ce changement s'explique aussi par le fait que le personnage est plus vieux dans les épisodes suivants.
"Les sombres origines de Sherlock Holmes", comme son titre l'indique, s'intéresse aux origines de la création de Sherlock Holmes.
Le début du téléfilm nous montre Sir Arthur Conan Doyle conspué par son public après avoir fait mourir son célèbre personnage dans les chutes de Reichenbach suite à une bataille avec le Professeur Moriarty. C'est l'occasion, pour lui, de se pencher sur sa jeunesse.
On retrouve alors Conan Doyle en jeune étudiant en médecine à Edimbourg qui intègre l'Université de médecine. Il sera confronté à la mysoginie ambiante, qu'il ne partage pas, et qui voit certains étudiants et certains professeurs empêcher les femmes de suivre les cours. Doyle croisera ainsi le regard de Elspeth Scott et ne sera pas insensible à son charme. Mais, surtout, Doyle y fera la rencontre qui va changer sa vie, celle du Professeur Bell, un médecin atypique qui favorise l'observation et la perspicacité pour obtenir un meilleur diagnostique. Mais l'homme ne met pas ses pratiques qu'au service de la médecine, il aide également la police pour résoudre des affaires.
D'abord sceptique devant ce Professeur qu'il accuse d'être un charlatan, Doyle va apprendre à le connaître quand celui-ci le choisira comme assistant.
La vie du jeune étudiant va alors être totalement bouleversée entre ce Professeur qui deviendra son mentor, la jeune femme dont il s'éprendra et la maladie mentale de son père qu'il découvrira, horrifié, malgré que sa mère tentait de la lui cacher et ces évènements curieux dont il est le témoin, la mort curieuse d'un mendiant, une jeune femme violentée et une chambre recouverte de sang, des moutons égorgés et énucléés, la soeur d'Elspeth atteinte de syphilis et son mari qui va voir des prostituées...
Sir Arthur Conan Doyle l'a toujours reconnu, le Professeur Bell, son professeur de médecine de sa jeunesse, a été une grande source d'inspiration pour créer son personnage de Sherlock Holmes. Il révèlait que l'homme était capable de diagnostiquer une maladie à la simple observation d'un patient. Ici, il y a fort à parier que les aptitudes du Professeur Bell et ses participations à des enquêtes aient été exagérées pour les besoins de la série.
Cependant, la série nous montre une esquisse du célèbre détective à travers le personnage du Professeur Bell. Homme solitaire mais qui a besoin d'un assistant, célibataire, au visage fermé, à la certitude parfois hautaine, à l'intelligence certaine, à la perspicacité infaillible...
C'est donc avec un certain intérêt que l'on suit ce premier épisode, pour peu que l'on apprécie les aventures de Sherlock Holmes. La reconstitution de la ville d'Édimbourg est plutôt bonne et le plaisir de découvrir, même au travers d'une fiction, le personnage ayant inspiré le plus grand détective de la littérature, est incontestable.
Ce premier épisode de la série est d'ailleurs assez intelligemment mis en place puisqu'il n'hésite pas à faire quelques clins d'yeux aux aventures de Holmes et Watson, notamment sur le passage où le Professeur Bell inspecte la montre de Conan Doyle en lui donnant des détails sur le propriétaire de celle-ci (son père), provoquant la ire d'un Doyle toujours persuadé qu'il fait face à un charlatan.
Cette première enquête n'est pas, non plus, dénuée d'intérêt puisqu'elle confronte diverses pistes qui perdent le spectateur jusqu'à un final bouleversant, au moins pour Conan Doyle.
Si les trois épisodes suivants sont d'un qualité moindre, ils permettent tout de même aux créateurs de faire des allusions et des hommages au Professeur Bell, qui, outre avoir été à l'origine du personnage de Sherlock Holmes, a surtout été un médecin avant-gardiste qui permit de grandes avancées, notamment dans le domaine de l'anesthésie mais aussi de la formation des infirmières. Si l'on peut douter que Belle ait été à ce point un enquêteur, ce serait oublier que Scotland Yard faisait réellement souvent appel à lui lors d'enquêtes, qu'il servit également de médecin légiste sur de nombreux crimes et qu'il participa également à l'enquête sur "Jack l'éventreur".
Ces hommages, tant à Bell, Doyle que Holmes, passent par ce corps que Bell définit comme un déserteur ayant fait la guerre de Crimée, qui fait référence à une anecdote réelle à propos de Bell et un patient, à la fameuse casquette de chasse de Holmes, aux penchants pour le spiritisme de Doyle...
Le dernier épisode de la série pose également les bases du Némésis de Holmes, le Professeur Moriarty avec le personnage du policier Daniel Blaney, d'abord perçu par Bell et Doyle comme un incompétent alcoolique et qui va s'avérer un génie du crime.
C'est d'ailleurs ce dernier épisode qui se montrera le plus intéressant de la série après le premier, les épisodes intermédiaires étant quelque peu insipides.
"Les mystères du véritable Sherlock Holmes" commence donc avec brio et s'éteint avec autant de fougue mais a bien du mal, entre les deux, à maintenir l'intérêt.
Pourtant, le personnage du Professeur Bell est intéressant à plus d'un titre et méritait bien qu'une série lui soit consacrée. On peut aussi louer l'interprétation de Ian Richardson, parfait dans le rôle du professeur. Son choix n'est sûrement pas anodin puisque l'acteur a quasiment débuté en interprétant par deux fois le personnage de Sherlock Holmes dans deux téléfilms.
Son visage impassible et sa rigidité tant morale que physique n'est pas sans lui conférer une allure "Holmésienne" qui lui sied à merveille.
Au final, une série qui est plus à conseiller aux admirateurs de Sherlock Holmes qu'aux amateurs de séries policières bien que l'ouverture et le final de la série soient deux très bons téléfilms.
Le changement, c'est maintenant.
Le changement, c'est maintenant, comme dirait l'autre, en tout cas, faut-il l'espérer.
J'avais donc annoncé l'élection de François Hollande dès le 3 mai, allant même jusqu'à oser annoncer des chiffres. Bon, ceux-ci se sont révélés assez faux puisque, à défaut d'être élu avec 54.51 % des voix, Hollande n'a été élu qu'avec 51.63 % des voix.
Ceci dit, j'ai quelques excuses dont celle d'être un peu naïf. Ainsi, j'avais considéré que tous ceux qui avaient voté Mélenchon au premier tour, voteraient forcément Hollande au second. Apparemment, 13 % des électeurs de Mélenchon en auraient décidé autrement, soit une perte de plus de 500 000 voix. De même, je considérais, vu les propos de Bayrou envers Nicolas Sarkozy, qu'au moins la moitié de ses électeurs se tourneraient vers Hollande. Là encore, il semblerait que seuls 33 % de ceux-ci ont fait ce choix soit, encore une perte de près de 600 000 voix.
L'élément que je n'avais pas pris en compte, également, était le vote blanc ou nul qui a triplé entre le premier et le deuxième tour soit 1 400 000 voix qui n'ont pas été distribuées.
Au final, Hollande obtient 800 000 voix de moins que je n'avais compté pendant que Sarkozy, lui, obtient 1 150 000 voix en plus.
Si ce nombre de voix supplémentaires ne semble pas s'expliquer par le report des voix de Bayrou (apparemment 52 %, donc seulement 2 % de plus que ce que j'avais prévu) ni par celui des voix de Marine Le Pen (apparemment 56% au lieux des 60 que j'avais considérés) il ne peut pas être non plus expliqué totalement par un total report des voix de Dupont Aignan et Cheminade (ce qui donnerait, au plus 350 000 voix de plus, ni par le nombre de suffrages exprimés supplémentaires, 325 000 de plus que ce que j'avais considéré.
Si l'on prend les 1 150 000 voix de Sarkozy au dessus de mon estimation et qu'on lui retire l'intégralité des votes supplémentaires (en considérant qu'ils ont tous voté pour lui), il reste environ 800 000 voix à Sarkozy, en plus que prévu soit, bien, les voix qu'a perdu Hollande par rapport à mon estimation.
Même en considérant que toutes les voix de Dupont Aignan et de Cheminade se sont tournées vers Sarkozy, force est de constater qu'un minimum de 500 000 voix se sont défaussées depuis les voix de gauche, d'extrême gauche et des écologistes, vers Sarkozy.
Et, comme par hasard, 500 000 voix, c'est apparemment le nombre des votants pour Mélenchon, au premier tour, qui n'ont pas voté Hollande au second.
De là à dire que ces mêmes personnes ont voté pour Sarkozy au second tour, il n'y a qu'un pas. Pourtant, comment expliquer que l'on puisse voter Mélenchon au premier tour et Sarkozy au second tour ? Je ne sais pas, mais ce n'est pas sans me rappeller les propos de Roger Hanin qui avait avoué, aux élections de 2007, avoir voté communiste au premier tour et Sarkozy au second.
Bref, tout cela pour dire que les réactions politiques sont parfois impénétrables.
François Hollande est donc notre nouveau président. Un président normal, comme il aime à le dire, en opposition avec Sarkozy, président anormal.
Anormal car omniprésent, anormal car protecteur des nantis et destructeur des acquis sociaux, anormal car vulgaire, anormal car entouré de ce qui se fait de pire en matière de politiciens et politiciennes.
En 5 ans, Nicolas Sarkozy a révolutionné le statut de président, rarement pour le meilleur, surtout pour le pire.
Nicolas Sarkozy fût le premier président de la Vème république a divorcer durant son quinquennat, le premier à se remarier dans le même temps, le premier à être père durant son exercice, le premier à avoir une femme que tout le monde à pu voir à poil sur le net. Il a également été le président le plus détesté, celui qui a fait couler le plus d'encre, celui qui a le plus entaché le statut présidentiel.
Président "bling bling" dès son élection avec son dîner au Fouquet's, puis avec ses vacances sur le Yacht de Bolloré, il a également été le président qui a le plus mis à mal la langue française. Difficile d'imaginer un président capable de dire "Casse toi pov'con", et pourtant.
Mais Sarkozy a été également le président des injustices sociales. Capable de faire de beaux cadeaux fiscaux aux plus riches (ses soutiens, en quelque sorte) et d'un autre côté de sacrifier les acquis sociaux et les avantages des moins aisés. Report de l'âge de la retraite, augmentation du taux de chômage, déremboursement de certains médicaments, augmentation de la TVA, augmentation de la dette...
Nicolas Sarkozy avait promis :
- une réduction de taux de chômage à 5%, celui-ci est à 10%
- que plus personne ne dormirait dehors à l'hiver 2007, il y a de plus en plus de SDFs d'année en année.
- qu'il n'augmenterait pas les impôts, résultat, ils ont augmenté de 2 points mais, pire, la prévision de la TVA dite "sociale" qui toucherait tout le monde, surtout les plus pauvres.
- l'augmentation du pouvoir d'achat, mais, son quinquennat a vu naître près de 400 000 pauvres supplémentaires. Le seul dont le pouvoir d'achat a augmenté, c'est lui avec son augmentation de salaire de 172 %.
- qu'il ne reviendrait pas sur la retraite à 60 ans alors qu'il l'a passée à 67 ans.
- qu'il ferait de l'écologie une cause nationale alors qu'il est contre la fermeture des centrales nucléaires les plus vetustes et qu'il a supprimé les crédits d'impôts pour le développement durable.
- 200 000 places de crêche alors qu'il n'en a fait créer que 12 000.
- qu'il serait le président de l'ouverture, mais il a vite été celui de la fermeture en rappelant dans son gouvernement tous ses proches, en plus des traîtres de la gauche.
- qu'il serait le président de la sécurité alors que c'est tout le contraire.
Si l'on ajoute à ce bilan catastrophique, qui ne peut être imputable à la seule crise, toutes les affaires qui le concernent lui, ses ministres et ses proches, alors, le résultat est pitoyable.
Michèle Alliot-Marie qui propose le savoir faire de notre police à des dictateurs pour contenir les révoltes du peuple opprimé, la même proche de certains dictateurs. Fillon qui passe ses vacances chez un dictateur, l'affaire Karachi, l'affaire Woerth-Bettencourt, l'affaire du financement de la campagne 2007 par Bettencourt et par Kadhaki (on demande à en savoir plus), la légion d'honneur offerte à Servier (le même qui a laissé sur le marché le Médiator alors qu'il savait que ce produit était dangereux), Tron et les accusations de viol, untel qui achète ses cigares sur le compte de l'état, Dati qui dépense sans compter, la fermeture des hôpitaux, des tribunaux, Woerth et l'affaire de l'hippodrome de Compiègne, l'affaire Wildenstein, le fils de Sarkozy à l'EPAD, les moyens insensés mis en place pour retrouver le scooter de l'autre fils de Sarkozy, l'affaire de l'emprunt auprès de l'Assemblée Nationale par Sarkozy pour l'achat de son appartement de la Jatte, l'affaire Pérol, l'affaire de la fondation Hamon, l'affaire Proglio, l'affaire Clearstream, Kadhafi qui est reçu en grandes pompes, Coppé qui passe ses vacances dans la piscine de Takieddine, l'affaire du logement d'Estrosi, l'affaire du logement d'Amara, l'affaire de la mission de Boutin, Bachelot qui fait embaucher son fils, l'affaire Joyandet et son permis de construire, l'affaire du même Joyandet et son usage abusif des Jets privés, l'affaire Muselier, l'affaire Bidermann, l'affaire Marleix, l'affaire Tapie, l'affaire GDF, l'auvergnat de Hortefeux condamné pour injures raciales, l'Air Sarko One, on en passe et des pires.
Nous venons donc de subir un quinquennat terrible, tant au niveau des conséquences sur notre avenir qu'au niveau de la crédibilité de politiciens en place.
Alors, l'élection de François Hollande va-t-elle changer la face du monde ou même de la France ? Je ne le pense pas. Quel que soit le président, il sera toujours contraint par la conjoncture et la puissance de la finance et n'aura qu'une marge de manoeuvre très réduite. Les promesses faites pour se faire élire ne sont jamais celles que l'on espère tenir.
Alors, pourquoi changer de président et surtout pourquoi en être soulagé ? Tout simplement dans l'espoir que la marge de manoeuvre très réduite soit utilisée pour nuire le moins possible aux "petits", parce qu'un Président de la république ne doit pas être omniprésent dans les médias (espérons que Hollande se fasse plus discret) qu'un Président doit encore moins faire régulièrement les unes des presses "People", parce qu'un Président et ses proches doivent avoir une attitude plus respectueuse de la fonction et des français, parce qu'un Président doit plus s'occuper du bien être de son peuple que de se la péter.
Hollande ne fera pas de miracle, soyons en sûr, mais au moins, sera-t-il moins détestable que Sarkozy et moins présent et ça, rien que ça, ce sera un grand soulagement.
Voilà, le changement, c'est maintenant, en tout cas, le changement d'attitude du Président et ça, c'est déjà beaucoup.
Moby dick
"Moby Dick" est le premier film du réalisateur Park In-Je réunissant Hwang Jeong-Min ("Private eyes"), Ku Jin ("A Bittersweet life"), Kim Min-Hee et Sang-Ho Kim ("Woochi");
En 1994, le grand pont de Séoul explose. Lee Bong-Wu, journaliste à la recherche d'un scoop, s'intéresse à l'affaire. C'est le moment que choisit Yoon Hyeok, une ancienne connaissance qui prétend avoir déserté l'armée, pour reprendre contact avec lui et lui laisser un sac contenant des disquettes cryptées. Alors que les médias pointent du doigt des terroristes Nord-Coréen, Hyeok prétend que l'explosion n'est pas un attentat, mais une couverture pour une affaire d'état.
"Moby Dick" veut s'inscrire dans la lignée des thrillers journalistico-politiques comme "Les hommes du président" avec Dustin Hoffman et Robert Redford. Pour se faire, le réalisateur soigne la photographie du film en utilisant un ton gris, froid, qui, il faut bien l'avouer, colle bien au film.
Le journaliste vedette est interprété par Hwang Jeong-Min, déjà repéré deux ans avant dans le très bon "Private eyes", dans lequel il incarnait un détective privé. L'acteur a une gueule reconnaissable et un charisme certain. La chef de rédaction va lui imposer un autre journaliste, Son Jin-Gi, fraîchement arrivé et spécialiste des investigations politiques (solidement interprété par le jovial Sang-Ho Kim). Le journaliste fera également appel à une spécialiste en informatique, Seong Hyo-gwan.
Alors que l'enquête progresse, les journalistes vont vite s'apercevoir qu'ils sont surveillés par des hommes à la recherche de Yoon Hyeok et des documents. Ceux-ci n'hésiteront pas à tenter de les kidnapper et à dérober les disquettes. Heureusement, la jeune informaticienne a eu le temps de faire des copies.
Malgré un script promettant une certaine tension, "Moby dick" est un film assez lent. Si les quelques scènes de poursuites ou d'espionnage parviennent à tenir le spectateur éveillé, il faut reconnaître que, dans l'ensemble, le métrage conserve un aspect plutôt contemplatif.
Sans être dénué d'intérêt, le film pêche par un manque d'originalité ainsi que d'homogénéité et même de réalisme. Difficile à comprendre pourquoi le journaliste à besoin d'une spécialiste en informatique juste pour taper toutes les combinaisons possibles d'un code à 4 chiffres. Mais l'incohérence demeure jusqu'à son dénouement final et la réaction du héros qui est, à mon sens, incompréhensible.
Ceci dit, malgré les défauts, "Moby dick" est un film correct grâce, notamment, à ses interprètes et à une réalisation qui, sans faire dans l'excellence, parvient à tenir le métrage hors de l'eau.
Au final, si la durée de presque 2h00 parait excessive, au vu du rythme déjà très lent et si rien n'étonne et rien ne surprend, "Moby dick" est tout de même une première réalisation correcte. On aurait aimé plus avec une telle histoire, mais, contentons-nous déjà que le film ne soit pas un navet.
Brutal Relax
Parce que Monsieur Olivares (José Maria Angarilla) a besoin de calme et de sérénité, son médecin lui préconise de partir en vacances, de se relaxer et, surtout, quoiqu'il arrive, de ne pas s'énerver. Rien de mieux, pour cela, qu'un coin paradisiaque, une belle plage et de la musique sur les oreilles. Mais, les coins calmes ne le demeurent pas toujours.
Adrian Cardona, Rafa Dengra et David Munoz se sont associés pour réaliser "Brutal Relax", un court-métrage espagnol de 15 minutes. L'un est un touche-à-tout du maquillage aux effets numériques, l'autre est réalisateur de courts et le dernier réalisateur à la télévision.
Les trois bonhommes doivent être des fans des premiers films de Peter Jackson tant l'influence de "Braindead" se ressent d'un bout à l'autre du métrage. Tant le quasi mutisme des personnages (à part le premier dialogue avec le médecin, le reste du film est muet et se contente de quelques bruits de bouches) que les effets gores à la fois très trash mais également très "système D" font penser à la patte de Jackson, la folie espagnole en plus.
Monsieur Olivares est un personnage étrange. Apparemment dangereux, tant le médecin semble effrayé face à lui, que muet et benêt. L'homme est un subtile mélange de Monsieur Propre, de Sean Connery dans "Zardoz", pour la moustache et de Mister Bean dans le comportement, tant qu'il ne s'énerve pas.
Olivares débarque donc sur une plage bondée, dans une petite crique et s'installe, dans une flaque de boue, walkman sur les oreilles, sous le regard intrigué et amusés des vacanciers se faisant griller au soleil. Quand Monsieur Olivares écoute sa musique à fond, rien ne peut le distraire, pas même le débarquement d'une horde de zombies verts fluo qui décime tous les vacanciers, leurs arrachant la tête, les bras, les tripes. Mais voilà, quand la musique s'éteint, faute de piles, cela rend Monsieur Olivares fout de rage et ce sont les zombies qui vont payer le prix de sa rage.
Autant l'avouer tout de suite, "Brutal Relax" est un film de malades qui n'hésitent à sombrer dans le mauvais goût le plus total au grand plaisir du spectateur avide de ce genre de cinéma. C'est à grand renfort d'effets gores que la deuxième partie du film se déroule, tant dans les attaques des zombies que dans la riposte d'Olivares. Arrachage de tête, dépecage, extraction de colonne vertébrale, arrachage de tripes, explosion de zombie à coups de gonfleur de matelas pneumatique, empalement sur piquet de parasol, jusqu'au, plus drôle et plus gore, tabassage à coups de gamin de 5 ans. Car oui, il ne faut pas faire chier Monsieur Olivares, sinon, il n'hésite pas à te taper dessus en prenant le corps d'un gamin par la jambe pour t'éclater la tronche ou éclater la tronche du gamin sur toi.
Bref, un court-métrage gore et drôle pour lequel il faut avoir un sens de l'humour particulier. Personnellement, j'ai adoré..
Nazis dans le métro
"Nazis dans le métro" est le livre n°7 des éditions La Baleine et, probablement, le quatrième roman de la série "Le Poulpe". Je dis "probablement" car je n'ai toujours pas compris le système de numérotation de la série.
Mais, peu importe. "Nazis dans le métro" est écrit par Didier Daeninckx. D'abord journaliste, Daeninckx se lance dans l'écriture de romans suite à une période de chômage.
Proche du Parti Communiste, Daeninckx aime dénoncer le racisme et le négationnisme, mais pas que dans ses écrits. L'homme semble à l'origine de multiples polémiques envers divers auteurs dont Gérard Delteil (je pense que le personnage de Joseph Delteil de "Nazis dans le métro" lui est destiné) ou encore Serge Quadrupanni, auteur du deuxième opus du Poulpe, "Saigne sur mer".
"Nazis dans le métro" est un très court roman mettant en scène Gabriel Lecouvreur dit Le Poulpe, ce personnage atypique qui gagne sa vie en mettant son nez dans des affaires louches qu'il débusque dans les pages de son journal préféré qu'il lit tous les matins dans son bistrot favori, "Au pied de porc à la Sainte Scolasse".
C'est d'ailleurs dans ce troquet que Gabriel découvre que André Sloga, un écrivain de 78 ans, a été tabassé dans son parking sous-terrain à Paris. Pas de bol pour les agresseurs, André Sloga est l'écrivain favori du Poulpe. Aussi, ce dernier va tout faire pour découvrir qui a frappé le vieil homme et pourquoi.
L'enquête va mener le Poulpe sur deux affaires différentes, l'assassinat d'une tueuse en série et le rapprochement entre des groupuscules d'extrême-gauche et certains d'extrême-droite.
Rien d'étonnant dans les idées décrites par Daeninckx qui sont dans la droite lignée de ses obsessions et de ses combats.
Pourtant, le sujet est intéressant, résonnant dans l'actualité présente à l'heure où une partie de l'électorat de gauche qui se tourne vers l'extrême-droite.
Mais le livre est bien trop court et ce sujet aurait mérité d'être traité en profondeur mais n'est, en fait, qu'effleuré par l'auteur. On sent pourtant toute la bonne volonté de Daeninckx, mais celle-ci se confronte avec les passages obligés de toute histoire autour du Poulpe. Ces scènes, coupant la réflexion de Daeninckx, mettent alors à mal toute la partie investigation et dénonciation de l'élévation de ce drapeau Rouge-Brun que certains tentent de mettre au gout du jour.
La concision de l'ouvrage force, en plus, l'auteur à user de clichés et de manichéisme (en tout cas je mets cela plus sur le dos du format court que sur un manque de subtilité) ce qui confère, à l'ensemble, un manque évident de nuances. C'est d'autant plus vrai que l'histoire se perd entre deux enquêtes, une, subalterne autour de l'assassinat d'une tueuse en série et l'autre, centrale, autour de cette mouvance extrémiste.
L'auteur profite du livre pour régler quelques comptes en citant quelques auteurs et quelques politiciens dont Ségolène Royal, mais, surtout Michel Droit qui, dans le roman, prend une gifle de la part du Poulpe, pendant qu'Alain Peyrefitte, lui, reçoit un coup de pied dans les testicules, également par Gabriel.
Au final, même si le roman est plutôt bien mené, avec une écriture simple, documentée et percutante, l'ensemble est bien trop concis pour apporter le lot de réflexion qu'un tel sujet aurait mérité. Il n'en reste pas moins une histoire facile et agréable à lire mais qui ne parvient pas, pour moi, à égaler la participation de Jean-Bernard Pouy ou encore, celle de Patrick Raynal.
A noter que Didier Daeninckx est un auteur très prolifique et que dans sa longue bibliographie, il fera vivre deux autres aventures à Gabriel Lecouvreur.
Fast and Furious 5
Bienvenue dans le monde de la bagnole, de la vitesse et du grand n'importe quoi. J'ai nommé, "Fast and Furious 5".
Voilà donc une saga mettant en avant le tuning, les moteurs qui ronflent, la vitesse et la testostérone.
Je dois confesser que j'avais déjà regardé le premier épisode de la série, déjà avec Vince Diesel et Paul Walker. Si le film ne brillait pas par ses grandes qualités de réalisation ou d'interprétation, ni par son scènario, d'ailleurs, l'ensemble se suivait sans trop de déplaisir. Aussi, ai-je dû regarder le numéro 2 dont je n'ai aucun souvenir. Pour le 3, "Tokyo Drift", je n'avais regardé le film que parce qu'il devait se passer à Tokyo, mais je n'en ai rien retenu non plus. J'ai ensuite fait l'impasse sur le 4 dans lequel le duo du 1er film était reformé.
Il semblerait que le 5 soit la suite directe du 4, aussi, la surprise est de constater que Dom (Vince Diesel) est condamné à la prison à vie. Brian, l'ex agent, et Mia, la soeur de Dom, décident donc de le faire évader lors de son transfert à la prison. Le trio s'exile alors à Rio où ils vont rencontrer un ancien ami qui les mets sur le coups d'un vol de voitures pour le parrain de Rio. Mais, tout ne se passe pas comme prévu et Dom et Brian vont avoir fort à faire pour échapper à la mafia brésilienne ainsi qu'au redoutable agent Hobbs (The Rock) et ses hommes qui sont à leur poursuite.
Autant le dire tout de suite, "Fast and Furious 5", réalisé par Justin Lin, déjà réalisateur des deux précédents opus, est un film bourrin qui ne vaut que par ses scènes d'action. Dans le film, aucun souci de réalisme, ou alors, le scénariste a fumé de mauvaises herbes.
Dès la première scène de l'évasion, le ton est donné, ce sera du grand n'importe quoi. Un bus de prisonniers, sans escorte, alors qu'il transporte des condamnés à de lourdes peines, est pris à parti avec des bolides qui vont le pousser à la faute. Faire évader quelqu'un, consiste déjà à le garder vivant, il est difficile de croire que cela soit possible en poussant un car à faire de multiples tonneaux et à terminer écrasé comme un poussin sous un bloc de ciment. Bref, passons puisque ce sens du n'importe quoi est permanent, tant dans les grandes lignes que dans les détails du film.
Cependant, l'amateur de scènes extrêmes se réjouira, le film en contient un bon nombre. Que ce soit le vol de voiture dans un train, en découpant la tole à partir d'un camion roulant à ses côtés, à l'extraction de ses voitures en les rippant du train sur le camion, jusqu'à l'attaque du poste de police et l'extraction du coffre-fort à l'aide de deux voitures, le métrage ne lésine pas sur les incohérences et les idées portenawaks.
Pour autant, force est de reconnaitre que les scènes fonctionnent plutôt bien, une fois qu'on a déposé son cerveau sur la table. Malheureusement, un film ne peut contenir QUE des scènes d'actions et c'est là le problème de "Fast and Furious 5", entre ces scènes, on se fait chier à 100 sous l'heure. Avec des personnages aussi charismatiques qu'un bloc de granit, des situations aussi probables que Carla Bruni chantant Maria Callas, des clichés en veux-tu en voilà et des conneries improbables. Bravo.
Quelques exemples pour s'en convaincre. Le duo a besoin d'un mec qui a du bagout afin d'embrouiller les gens et, devinez quoi ? Le mec est black. (ba oui, comme dans tous les films américains, le noir c'est soit le méchant, soit la grande gueule). Et je ne vous dis pas le pathétisme de la scène où le mec doit embrouiller un flic. Ils ont besoin d'un mec passe-partout qui ne se fait pas repérer et ils prennent un japonais (ba oui, rien de tel qu'un japonais pour passer inaperçu au Brésil). Ils volent 4 bolides de la police, sans que cela pose de soucis. Ils se font chier à chercher un plan pour ouvrir un coffre dans un poste de police mais ils finissent juste par l'arracher avec deux voitures... et que dire de la scène quasi finale avec le coffre sur le pont.
Bref, "Fast and furious 5" tente de faire dans la surenchère et y réussit tant dans les scènes d'actions démentielles (il faut bien avouer que le jeu de massacre de voitures à la fin est assez distrayant) que dans l'incohérence de l'ensemble du métrage. Le film permet, en plus, la confrontation musclée entre deux blocs monolithiques, Vince Diesel et The Rock.
Au final, Justin Lin réussit à fournir des scènes mouvementées d'un très bon niveau mais foire totalement les scènes intermédiaires la faute à un casting peu charismatique, à des situations peu crédibles et à des personnages auxquels on a bien du mal à s'attacher. Cela n'empêche pas le tournage du 6 (avec le retour d'Eva Mendez et de Michèle Rodriguez) qui devrait débuter le mois prochain avec, en prévision, un numéro 7..
Wan & Ted - Le Mystère Sang & Or
Ouffffff ! Voilà, c'est fait. Après trois mois d'écriture, trois mois de corrections et réécritures, je vous présente le dernier né des aventures de "Wan & Ted".
Voilà, "Wan & Ted - Le Mystère Sang & Or", le troisième opus des aventures de "Wan & Ted", est sorti de presse et, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il est beau (c'était déjà le cas des précédents) mais en plus, il est beau. Beau à l'extérieur, beau à l'intérieur et, en plus, il n'est pas cher, seulement 13 euros, profitez-en vite.
Wan & Ted - Le Mystère Sang & Or : Décidément, le Pays catalan l’aura déprimée deux fois. Une fois en arrivant, mais, surtout, au moment de le quitter.
Andrée-Nadine Tedorowsky alias Ted et Wan Ching Mui, deux détectives privés de la capitale ne s’attendaient pas à un tel choc en débarquant au « Centre du Monde », la gare de Perpignan, pour y enquêter sur la disparition du petit-fils de leur voisine.
Pourtant réticente à abandonner sa mégalopole, Ted va vite être enchantée par les paysages variés et envoûtants du Pays catalan.
Pendant que Wan va devoir jouer de ses neurones et plonger au cœur de l’histoire de la région afin de démêler l’affaire, Ted, elle, devra jouer de ses poings pour la conclure. Mais les deux amis seront-ils suffisamment performants dans leurs domaines respectifs pour mener le dossier à son terme ?
Les aventures trépidantes des deux limiers les plus atypiques de la littérature vont vous transporter à travers l’Histoire, la géographie et les infrastructures ancestrales de la Catalogne Nord.
Les tribulations tant humoristiques que policières du duo de héros sont aussi l’occasion, pour l’auteur, de rendre hommage aux terres si chères à son cœur.
Ce troisième opus est donc l'occasion de clâmer mon amour pour ma région ainsi que d'attirer l'attention des lecteurs du département aux travers des aventures de nos deux héros dans les alentours de Perpignan. La mer, la montagne, l'Histoire, le Pays catalan sont à l'honneur dans cet ouvrage, sans pour autant dénaturer le concept de base ni pervertir les personnages.
Pour l'achat des trois opus de "Wan & Ted" ("Wan & Ted" + "Wan & Ted - Experts Sans Gain" + "Wan & Ted - Le Mystère Sang & Or"), le recueil de nouvelles "Chaîne de vies" vous sera offert. Quatre beaux et bons livres pour la modique somme de 43 euros, profitez-en.
N'hésitez pas à vous rendre sur le site de OXYMORON Éditions pour vous procurer l'ouvrage ou profiter de la promotion.
Game Gamblers Play
Michaël Hui ! En occident, ce nom est quasiment inconnu, pourtant, Michaël Hui et ses frères, Sam et Ricky, furent les grandes stars du cinéma de Hong Kong des années 70. Bien sûr, pour les occidentaux, les vraies stars de Hong Kong de l'époque furent, Bruce Lee pour le début de la décennie et Jackie Chan pour la fin de celle-ci, mais, pourtant, ce sont bien les frères Hui qui ont explosé le box office local à chacun de leurs films et qui ont révolutionné le cinéma de la colonie en remettant au goût du jour les tournages et les diffusions en langue cantonaise alors que celle-ci avait été remplacée par le mandarin.
Michaël, l'ainé des quatre frères Hui (seuls trois feront du cinéma), fier du succès de son duo avec son frère Sam à la télévision au début des années 70, se tournera rapidement vers la cinéma. Après quelques succès durant lequel il tente de mettre en place son humour, il accepte la proposition de la jeune maison de production "Golden Harvest" qui lui assure la main mise sur les scénarios et les réalisations de ses futurs films.
"Game Gamblers Play" sera sa première réalisation et le succès du film lui assurera une belle carrière.
Même si le film est loin d'être exceptionnel et loin d'être le meilleur de la fratrie, celui-ci annonce déjà un grand potentiel. Co-réalisé par John Woo (sous pseudo), chorégraphié par Sammo Hung (le rondouillard faisait d'ailleurs une apparition qui a été coupée au montage), Michaël s'associe à son beau gosse de frère Sam et offre une très courte apparition à son autre frère Ricky. Le film aura aussi la caractéristique de lancer la mode du "Gambler movie", le film autour du jeu (de cartes en général) dans lequel Wong Jing s'engouffrera des années plus tard et permettra à Chow Yun Fat de s'illustrer dans le rôle du "Dieu du jeu" (à noter que Stephen Chow tiendra également le rôle).
Deux joueurs et arnaqueurs invétérés vont se lier d'amitié en prison. A leur sortie, ils vont décider de s'associer afin de faire fortune au jeu. Mais, tout va se compliquer quand ils vont réussir à arnaquer un chef de triades et gagner une grosse somme à ses dépens.
Si l'on sent déjà la patte de Michaël Hui dans ce film et si les rôles des frères commencent déjà à se mettre en place (même si Ricky ne fait qu'une apparition), le film manque tout de même de liant et ressemble plus à une succession de sketchs (ce qu'ils étaient habitués à faire à la télévision), plus qu'à un film de cinéma. Michaël endosse déjà, en partie, son rôle de méchant, Sam, celui du beau gosse et Ricky attendra encore avant de devenir l'abruti, la tête de turc.
La critique de la société, souvent présente dans les films de Michaël Hui, est là aussi en construction et ne touche pas toujours juste.
Le rythme est alors le gros défaut du film. En effet, les transitions entre les sketchs ne sont pas toujours agréables et certaines scènes sont un peu longues. Je pense notamment à la séquence du jeu télévisé qui, s'il aurait mérité presque un film à lui tout seul tant cette idée a du potentiel et s'avère en avance sur son temps, placée au milieu du film, tombe un peu comme un cheveux sur la soupe.
On notera, au passage, la présence, à l'écran, de gueules qu'on a l'habitude de voir régulièrement à l'époque et, surtout, de Betty Ting Pei, l'actrice qui fit scandale en 1973 puisque c'est dans ses bras que Bruce Lee mourut.
"Game Gamblers Play" sonne donc plus comme une ébauche de l'humour des frères Hui que comme un film abouti. Heureusement, le film aura un succès retentissant, permettant, par la suite, à la fratrie Hui, de laisser libre court à leur imagination et leur créativité pour le plus grand plaisir du spectateur de Hong Kong et d'ailleurs.
Au final, sans être une oeuvre géniale, sans même être un film abouti, "Game Gamblers Play" est un premier film qui laisse entrevoir le grand potentiel de Michaël Hui et ses frères et nous promet de futures grandes crises de rires.
Mister Boo Détective Privé Aka Private Eyes
Le cinéma de Hong Kong regorge de comédies loufoques totalement hilarantes. Si en occident tout le monde ou presque connaît les stars de comédies que sont Jackie Chan et Stephen Chow (Shaolin Soccer), qui connaît la grande star du cinéma burlesque de Hong Kong des années 70-80 qu'était Michael Hui ?
Michael Hui est LA star incontestée du cinéma de Hong Kong, fort d'un succès commercial dans la colonie bien supérieur à ceux des films de Bruce Lee ou de Jackie Chan. Promis d'abord à une carrière politique, Michael Hui atterrit à la télévision où on lui propose de présenter une émission pour laquelle il écrira quelques sketchs. Ce sera la succès de Hui's brothers Show, en 1972, pour lequel il est associé à son frère Sam.
Très vite repéré par la Shaw Brothers, la société de production lui proposera alors de tourner un premier film : "The Warlord" puis ensuite deux autres films.
En 1974 la société de production Golden Harvest le débauchera en lui promettant la totale liberté sur le script et la réalisation de ses films. Assisté de John Woo, Michael Hui réalisera alors "Games Gamblers play", film qui lancera la mode des "Gambling movies" dont il partage encore la vedette avec son frère Sam. Le succès est immense et fait de Michael Hui LA star des années 70. Travaillant avec ses frères Sam et Ricky, les films des frères Hui s'enchaînent avec toujours autant de succès.
Au début des années 80, Sam quitte le trio pour voler de ses propres ailes, la qualité des films de Michael s'en ressent, le succès également. On retrouvera Sam Hui notamment dans la série des Mad Mission.
Le sommet de la carrière de Michael Hui et de ses frères est incontestablement la série des "Mister Boo" et surtout "The Private Eyes" qui date de 1976. Le film est co-réalisé par un John Woo qui est alors embourbé dans les comédies.
Private Eyes est un film totalement déjanté et regorgeant de gags et d'idées plus drôles les uns que les autres. Dominés par les trois frères, le film est savoureux au possible. Connu en France pour avoir fait les beaux jours des débuts de la chaîne télévisée ARTE qui le multi-diffusa durant ses deux premières années d'existance, "The private Eyes" nous conte l'histoire de Mister Boo, un détective privé gaffeur, égoïste, radin, prétentieux, irascible, antipathique et menteur. Se prenant pour le meilleur détective du monde alors qu'il ne s'occupe que de pauvres affaires d'adultères, Boo fait de son assistant (Ricky Hui), sa tête de turc. Arrive alors le jeune Lee (Sam Hui), qui, s'étant fait licencié, cherche à apprendre le métier de détective privé. Les trois hommes seront alors chargés d'arrêter une bande de voleurs qui officient dans la rue et dans les cinémas.
On retrouvera alors des visages connus dans le milieu du cinéma comme Richard Ng ou bien Shek Khin, le méchant de "Opération dragon" avec Bruce Lee.
Outre l'avalanche de gags et de clins d'oeil (voir le combat où Mister Boo utilise un chapelet de saucisse comme nunchaku et son adversaire une mâchoire de requin pendant que retentit la musique des "dents de la mer", ou bien le gag de la dinde sur la tête qui a peut-être inspiré Mr Bean), ce qu'il y a d'intéressant dans le film est le traitement des trois frères qui ont des rôles radicalement opposés. Michael a donc ce personnage antipathique, Sam, lui, est le beau gosse expert en arts martiaux et Ricky, la tête de turc bégayante.
The Private Eyes est un sommet de la comédie de Hong Kong des années 70 et le travail de Michael Hui a inspiré bon nombre de comédiens (dont notamment Stephen Chow) et de films puis qu'en 2004, Wai Ka Fai, réalisera un quasi remake de Private Eyes.
A noter que le film, comme souvent les films de Hui, n'est pas seulement une comédie mais également une critique de la société.
A noter également que le chorégraphe du film n'est autre que le bon gros Sammo Hung.
A noter enfin que Mister Boo connaîtra des suites ainsi qu'un "crossover" (épisode croisé) avec la série de films "Pom Pom".
Demain on déménage
La grande attente
Certains spectateurs attendent avec impatience "The dark night rises" ou encore "Bilbo the hobbit", "Prometheus", "21 jump street" ou je ne sais quel blockbuster américain.
Pour moi, 2012 n'existera qu'à travers un film que j'attends avec de plus en plus d'impatience. Américain il n'est point, pas plus que français, Hong Kongais, Coréen ou Japonais, non plus. Le film si attendu est Indonésien (même si les américains ont mis des pépètes dans l'histoire et préparent déjà un remake), réalisé par un anglais et interprété par des Indonésiens.
Un anglais derrière la caméra, un indonésien devant, cela vous rappelle inévitablement "Merantau" de Gareth Evans avec Iko Uwais. Normal puisque le duo se reforme pour "The Raid", le film annoncé comme le plus grand film d'action de ces dernières années.
Le concept est simple, une armée de policiers prennent un immeuble d'assaut. Le bâtiment abrite le plus grand baron de la drogue du pays mais ce dernier a été mis au courant de l'opération de police et s'est préparé en conséquence. Les policiers ont, à peine, pénétré l'édifice que les portes se referment derrière eux et qu'une horde de tueurs surentraînés débarquent. D'étage en étage, les flics vont devoir se battre pour leur survie.
Concept simple mais qui offre beaucoup de possibilités, qu'avait déjà utilisé John Mc Tiernan pour "Piège de cristal". Ici, Evans mélange aussi les genres mais, à défaut d'humour, ce sera violence, sang et baston à tous les étages.
Les bandes-annonces sont impressionnantes, les premières critiques dytirambiques, le film est annoncé comme LE film d'action de ces dernières années.
Prévu pour être une trilogie, le remake américain est déjà en prévision.
Gareth Evans avoue s'être inspiré de John Woo et son "A toute épreuve" et confie qu'il adorerait que ce soit le grand John qui dirige la version américaine.
Bref, pas la peine d'en faire un long discours, juste à se plaindre que le film sorte si tardivement chez nous, il faudra attendre Juin.
Je vous laisse avec des bandes-annonces pour vous faire baver.







