Les bourrins - 4) Iron fist
Richard Norton n'est pas un inconnu pour tous ceux et celles qui ont suivi la carrière du bondissant Jackie Chan.
Effectivement, Richard Norton a participé à quelques uns des films de la vedette asiatique, toujours dans le rôle du méchant. On notera "Mister Cool", "Twinkle, Twinkle Lucky stars" ou encore "Nikki Larson".
Ceinture noire de karaté, le jeune Richard Norton, né en Australie en 1950, se lance dans la sécurité et devient garde du corps de rockstars comme Mike Jagger avant de partir aux USA. Il y rencontre Chuck Norris qui le fera engager dans un petit rôle dans son film "la fureur du juste" (il jouera également plus tard dans la série "Walker Texas Rangers"). Il double ensuite Michael Dudikoff dans "Américan Warrior". Ayant joué dans un film de Robert Clouse ("Force 5"), il a ainsi accès au cinéma de Hong Kong, Clouse ayant réalisé le dernier film de Bruce Lee et le premier film américain de Jackie Chan.
Il intègre donc les films de Sammo Hung, jouant les méchants face au petit grassouillet ou à son pote Jackie Chan. C'est ainsi qu'il rencontre la blonde Cynthia Rothrock avec laquelle il joue dans "Shangaï express" de Sammo Hung. Le duo se reformera dans plusieurs films asiatiques puis plusieurs séries B américaines ("Rage & Honor 1 et 2", "Lady Kickboxer"...).
Si on excepte ses seconds rôles dans les films de Hong Kong, Richard Norton ne brillera pas par sa filmographie. Éminemment sympathique et avec une réelle présence, ses qualités d'interprétations ne lui permettent pas de progresser dans le milieu. Pourtant, au vu de sa performance dans "Iron Fist" on peut se demander s'il n'avait pas un certain potentiel, peut-être parce que son rôle, videur et propriétaire d'une boîte de nuit, se rapprochait bien de son début de carrière.
Frank Torrance est propriétaire d'une boîte de nuit. Seulement, pour s'offrir sa discothèque, il a du emprunter beaucoup d'argent à la mafia. Au bout de dix ans à rembourser ses dettes, Frank n'en peut plus et décide de se barrer à la fin de la soirée. Seulement, entre les hommes de mains de la mafia et les policiers corrompus, il va avoir beaucoup de problèmes.
L'intégralité ou presque de l'action se passe dans la boîte de nuit et il faut avouer que l'on a jamais vu Richard Norton aussi à l'aise dans le rôle de ce type qui passe la plus mauvaise soirée de sa vie et à qui il n'arrive que des problèmes. Grâce à son cadre exigu, le réalisateur, Georges Matthew compose agréablement avec un budget que l'on devine ridicule pour nous proposer un spectacle sympathique.
J'aurais aimé en dire plus à propos du réalisateur mais je n'ai rien trouvé sur lui si ce n'est qu'il a réalisé "4 Jacks".
Pour revenir à notre Richard, vous pouvez le retrouver dans quelques films regardables comme :
- Mister Cool
- Nikki Larson
- Le code Bushido
- Rage and Honor
- Shangaï Express
Les bourrins - 3) Angel Town
Probablement le meilleur film avec Olivier Gruner, en tout cas son tout premier, "Angel Town" est un film qui ne doit probablement être pas mauvais.
Probablement, car je ne l'ai vu que dans une version française détestable, la seule disponible en VHS à l'époque. Il est à espérer que ce ne soit pas Olivier Gruner qui se soit doublé dans la VF.
Oui, car Olivier Gruner aurait pu se doubler puisqu'il est français et est né en 1960 à Paris.
A 11 ans, il devient passionné d'arts martiaux après avoir vu les films de Bruce Lee (comme beaucoup). Il intègre l'armée française à 18 ans et devient commando de Marine avant de mettre un terme à sa carrière pour se lancer dans une carrière professionnelle de kickboxer.
Il devient très vite champion de France poids moyen avant de devenir champion du monde. Ensuite, il arrête la compétition pour devenir mannequin et acteur.
En tant qu'acteur, il débute dans le film "Angel Town" qui remporte un franc succès, à l'époque, à travers le monde et lance sa carrière.
Si la VF plombe totalement le film, il n'est pas dur de réaliser que ce film a le potentiel d'une bonne petite série B.
En effet, Jacques est un étudiant français qui débarque aux USA, ne pouvant intégrer le campus, il cherche une chambre dans les bas quartiers. Une femme accepte de lui louer une chambre mais le quartier est aux mains d'un gang de latinos et les choses vont vite dégénérer. Heureusement ou malheureusement, Jacques est un expert en arts martiaux.
Sur un scénario mince qui mélange le film de justicier à la Bronson et le film de tatanage de gueules, Olivier Gruner, pour son premier film, assure le spectacle grâce à des scènes plutôt correctement foutues. Si l'interprétation générale est assez moyenne, on retrouve même Marc Dacascos dans une apparition, les scènes d'actions sont suffisamment plaisantes, pour l'époque, pour faire de ce film un bon divertissement. Pour sûr, on aurait aimé une Vf de qualité, ce qui est loin d'être le cas.
Pour le reste de sa carrière, quelques films sympathiques dans des genres différents, avec du western (savate), du cyberpunk (Nemesis), de la science fiction (Mars 2056, piège dans l'espace) et de la série TV puisqu'il apparaît en méchant dans un épisode de "Le flic de Shangaï" aux côtés de Sammo Hung.
Pour ce qui est du réalisateur, Éric Karson, ce n'est pas totalement un inconnu puisqu'il est responsable de l'un des premiers films de notre cher JCVD avec "Black Eagle", le film où JCVD se fait tataner la gueule par le Sho ninja Kosugi. Il a également réalisé "La fureur du juste" avec Chuck Norris et joué dans "Full contact" aux côtés de JCVD.
Olivier Gruner est un acteur limité mais au physique impressionnant et aux capacités martiales indéniables. Loin d'avoir la même côte qu'un Don Wilson, il a pourtant une filmographie plus intéressantes. D'autres films à voir avec le petit français :
- Savate
- Interceptor Force (avec des Aliens tout pourris)
- Nemesis (1 et 2)
- Mercenaire (1 et 2)
- TNT
- Piège dans l'espace (où on peut le voir danser en caleçon long sur de la musique classique)
Sympathique et français, Olivier Gruner aurait probablement mérité une meilleure carrière, dommage.
Les bourrins - 2) Le cercle de feu II
Pas vraiment le meilleur film de Don the Dragon Wilson (mais en même temps, il y en a-t-il un meilleur) mais le premier film d'une des deux sagas qui fit le succès du bonhomme auprès des amateurs de séries B de tatanage de gueule, j'ai nommé, "Le cercle du feu / Ring of death".
Difficile, effectivement, de trouver un film bien au-dessus des autres dans la filmographie de Don Wilson, ce multiple champion du monde de kickboxing.
Pour autant, deux sagas ont marqué sa carrière, celle des "Bloodfist" (9 épisodes) et celle de "Cercle de feu" (3 épisodes).
Si "Bloodfist" est le premier film de l'acteur, choisi et engagé par l'innénarable Roger Corman, le manque d'homogénéité de la série (qui compte quand même beaucoup de mauvais épisodes) me fait lui préférer "Le cercle de feu", d'autant que le second épisode est le premier film avec Don Wilson que j'ai vu et que le premier épisode fait une belle transition avec la précédente chronique puisque Gary Daniels y fait une apparition et qu'ils sont produits par Joseph Merhi et Richard Pépin.
"Le cercle de feu 2" nous conte les mésaventures de Johnny Woo, un médecin expert en arts martiaux, qui, alors qu'il s'apprête à offrir une bague de fiançailles à sa petite amie dans une bijouterie, intervient durant un hold-up. Sa petite amie sera kidnappée et Johnny fera tout pour la retrouver, et dans tout, il y a surtout de la baston au sein d'une société secrète cachée dans les sous-terrains de la ville.
Rien de bien extraordinaire dans cet épisode de Richard W. Munchkin mais le tout se regarde tout de même sans ennui malgré un jeu d'acteur de Don the Dragon Wilson assez catastrophique.
Don the Dragon Wilson, est bien meilleur artiste martial que Gary Daniels, mais il parvient à être pire acteur que ce dernier.
Né en 1954, d'un père américain et d'une mère japonaise, Don Wilson devient rapidement un champion de kickboxing, remportant 11 fois le titre mondial, il a un palmarès élogieux (74 victoires dont 48 par KO et seulement 5 défaites).
C'est sur les conseils de son ami Chuck Norris que Don se rend à Hollywood pour tenter sa chance. Il y rencontrera donc le producteur réalisateur Roger Corman.
En tant qu'acteur, le palmarès est bien moins élogieux. Si on peut lui accorder une apparition dans "Batman forever", à part ça, pas grand chose à se mettre sous la dent. Au mieux des petits nanars sympathiques, au pire, des bouses infâmes.
Véritable artiste martial, l'homme a bien du mal à adapter son art à celui du cinéma (contrairement à ce qu'avait fortement réussi Bruce Lee) et, du coup, nous offre régulièrement des combats un peu mous du genou.
Quant au réalisateur, Richard W Munchkin, tout comme Joseph Merhi, peu de renseignements disponibles sur lui. Il a réalisé et écrit les deux premiers "Cercle de feu", réalisé également le très intéressant "Iron fist" avec Richard Norton puis quelques épisodes de la série "Los Angeles Heat" avec Jeff Wincott dont je reparlerai également.
Autres films à suivre avec Don the Dragon Wilson, aucun. Bon, allez, parce que c'est vous :
- Le cercle de feu
- Le cercle de feu 3
- Bloodfist III : Forced to fight.
- Bloodfist IV.
Les bourrins - 1) Rage
Probablement l'exemple le plus marquant dans le domaine de la série B d'action tant ce film aurait pu être exactement le genre de film que j'ai toujours rêvé voir. Pour cela, il aurait fallu un peu plus de moyens, un meilleur réalisateur et un meilleur acteur principal (au niveau de l'interprétation). Mais, dans sa forme réelle, le film est un véritable condensé d'actions (quasiment 80 minutes non stop de poursuites, fusillades et combats).
"Rage" raconte l'histoire d'un gentil professeur qui se trouve au mauvais endroit au mauvais moment et qui se retrouve kidnappé par de vilains mexicains et qui sert de cobaye pour des expériences sur un produit rendant les hommes presque invincibles. Si on rajoute des flics ripoux, on se doute qu'il suffira alors à l'instit de s'évader pour être poursuivi par tout ce beau monde.
"Rage" est réalisé par Joseph Mehri et interprété par Gary Daniels.
Si le film souffre du manque de jeu d'acteur de son interprète principal, d'un scénario très léger, de dialogues ridicules et d'une photographie assez mauvaise et d'un début totalement inepte (Gary n'est vraiment pas crédible en professeur), il faut reconnaître au film qu'il n'est pas avare en actions (ça bouge quasi non stop) et que certaines scènes sont mêmes impressionnantes (notamment les cascades automobiles, le grand point fort de Joseph Merhi). De plus, au niveau des qualités, un film qui tente de faire un parallèle entre les faits divers et le principe des médias spectacles bien avant la participation, dans ce domaine, de Johnny To avec son "Breaking news".
Parlons maintenant du réalisateur, Joseph Toufik Merhi, né en 1953, a été propriétaire de pizzeria avant de se lancer dans la production. Il a été souvent associé avec un autre réalisateur producteur, Richard Pépin, dont je parlerai plus tard, avec lequel il a monté une société de productions, PM Intertainment (depuis fermée). Il est probablement le père ou le frère ou même le clone de Jalal Merhi qui a souvent tourné avec lui. Impossible d'en savoir plus sur le bonhomme tant Internet semble se montrer avare en informations sur ce réalisateur qui représente pourtant tout un pan du cinéma Bis avec le nombre de films réalisés, produits ou scénarisés par ce bonhomme.
Autres films à regarder du même réalisateur : "The Sweeper", "Zero Tolerance", "Last Man Standing".
L'acteur principal est donc l'immense Gary Daniels. Kickboxer anglais né en 1963, Gary rêve de cinéma tout petit en regardant les films de Bruce Lee.
Après une carrière professionnelle de kickboxer, il tente sa chance à la télévision en apparaissant dans des séries comme "Deux flics à Miami". Il part vite en Asie pour tenter sa chance et après quelques films ridicules, il atteint vite le sommet de sa carrière et son rêve, jouer dans un film avec Jackie Chan. Ce sera "Nikki Larson" dans lequel il côtoie Richard Norton et il combat son idole Jackie Chan.
En 1995, Gary Daniels participe à un film très ambitieux mais également foiré, aux côtés de Malcolm Mc Dowell et Chris Penn, une adaptation du manga "Ken le survivant".
Avec son jeu d'acteur limité, Gary Daniels est cantonné justement aux DTV (films qui sortent directement en DVD). Après un bon nombre de films, l'acteur améliore son jeu et réussit à apparaître dans quelques films intéressants comme "Tekken" et surtout un petit rôle dans "The Expandables" de Sylvester Stallone.
Approchant maintenant la cinquantaine, la carrière de star de films d'action de Gary Daniels est derrière lui.
Cependant, on pourra toujours apprécier quelques films dans sa filmographie comme
- Nikki Larson
- Cold Harvest
- Spoiler
- Fatal Blade
- Fire Power
et surtout
- Bloodmoon (sur lequel je reviendrai probablement)
La cavalerie des gros bourrins
Il ne faut pas croire, avant d'être un fan absolu de cinéma asiatique, j'aimais également le cinéma de qualité, les films sophistiqués réalisés par des esthètes du milieu et interprétés par ce qui se fait de mieux en matière de jeu d'acteurs.
Je passais mon temps à chiner dans les vidéos clubs et les vide-greniers afin d'y trouver des perles rares du 7ème art, des métrages où se mêlaient talents, subtilités, intelligence, esthétique et raffinement.
Les réalisateurs de ces grands films avaient pour nom : Joseph Merhi, Damian Lee, Andrew Stevens, Richard Munchkin, Richard Pépin, Rick Jacobson, Mark L Lester, Albert Pyun, Dwight H Little, Isaac Florentine.
Les acteurs incontournables de ces films n'étaient autres que Gary Daniels, Don the Dragon Wilson, Brian Bosworth, Olivier Gruner, Jeff Wincott, Richard Norton, Matthias Hues, Steven Seagal, Lorenzo Lamas, Jeff Speakman, Michael Dudikoff, Marc Dacascos, Dolph Lundgren...
Pour autant, malgré toutes les qualités évidentes de ces acteurs, combien d'entre eux ont eu le succès qu'ils méritaient ? Presque tous puisqu'ils sont tous restés inconnus à quelques exceptions près.
Aussi, était-ce un devoir, pour moi, de faire sortir quelques acteurs, quelques réalisateurs et quelques films de l'anonymat.
Pour se faire, je vais vous proposer une série de petites chroniques autour de quelques films de séries B afin de vous faire connaître le film mais aussi et surtout, de vous présenter le réalisateur et le ou les acteurs.
SWITCH
Sophie Malaterre (Karine Vanasse) est une jeune illustratrice québécoise qui peine à trouver un contrat. Sans argent, sans petit ami, l'arrivée de l'été la déprime.
Heureusement, une connaissance lui parle du site www.switch.com, qui permet aux particuliers d'échanger facilement leurs appartements et maisons le temps des vacances.
Coup de chance, une jeune femme accepte d'échanger avec elle son magnifique loft au pied de la tour Eiffel. Juste le billet d'avion à payer et bonjour les belles vacances.
Le premier jour de Sophie à Paris est idyllique, beau temps, bel appartement, une superbe vue sur la tour Eiffel et, cerise sur le gâteau, elle a fait la connaissance d'un jeune iranien qui fait ses études à Paris.
Le lendemain matin, son rêve devient cauchemard quand la police débarque et découvre un corps décapité dans l'une des chambres de l'appartement et qu'elle est incapable de justifier de son identité, devenant, aux yeux de la police, Béatrice Sertaux, la propriétaire des lieux, une jeune femme ayant fait des séjours en hôpitaux psychiatriques et petite amie de l'homme assassiné.
Frédéric Schoendorffer est un réalisateur prometteur ("Scènes de crimes") qui a peiné à confirmer ("Agents secrets") avant de se planter totalement ("Truands") puis de se tourner vers la télévision ("Braquo Saison 1").
Schoendorffer voulait, devait, adapter le roman "Le serment des limbes" de Jean-Christophe Grangé afin de pouvoir travailler avec l'écrivain. A défaut, les deux hommes décident de partir sur un script original pour faire le film "Switch".
Autant l'avouer, alors, le scénario de Grangé souffre des mêmes qualités et des mêmes défauts que ses romans. L'histoire est tarabiscotée à souhait, comme l'auteur sait si bien le faire, guidée par les obsessions récurrentes du bonhomme dont j'ai déjà parlé dans les critiques de certains de ses livres, tient en haleine le spectateur comme il peut le faire avec le lecteur et finit par s'essoufler et tomber dans le n'importe quoi, comme les romans de l'écrivain.
Mais, si Grangé sait compenser, souvent à merveille, ses très mauvais retournements finaux (qui plombent parfois totalement son histoire), par un talent d'écriture et une capacité à maintenir le lecteur en haleine, sur pellicule, la chose est moins aisée et le Twist final fait figure de foutage de gueule et annihile presque totalement le plaisir que l'on a pu ressentir durant tout le métrage.
Ceci dit, connaissant l'écrivain et sachant qu'il avait écrit le scénario, je m'attendais à une fin ratée, bâclée, stupide, je n'ai pas été déçu.
Comme bien souvent aussi, Jean-Christophe Grangé tisse des intrigues qu'il abandonne en cours de route et qui ne servent donc à rien (je m'en étais déjà plein dans les critiques de ses romans), c'est une nouvelle fois le cas ici, mais les intrigues parallèles, non contentes de ne servir à rien, finissent même par décrédibiliser l'ensemble du film.
Avant de revenir à ces détails, intéressons-nous aux acteurs et actrices. Si j'ai toujours du mal avec Cantona acteur, n'arrivant jamais à définir si l'homme joue mal ou bien si c'est l'image que j'ai de lui (en tant que footballeur, philosophe du dimanche, mais aussi à travers sa marionnette aux "Guignols") qui fausse mon jugement, je trouve dommage qu'un acteur comme Aurélien Recoing (que j'ai encensé dans ma critique de la série TV "le repenti") soit remisé dans un rôle non seulement plus que secondaire mais également inutile et, au final, transparent.
Heureusement, et c'est l'un des principaux points positifs, l'actrice Karine Vanasse se révèle très bonne dans son rôle même si certains peuvent reprocher à son personnage d'être aussi coriace face à ses poursuivants pour une illustratrice alors qu'on aurait difficilement fait cette critique si le personnage avait été un homme (un homme ordinaire qui, face au danger ou pour sauver une personne qu'il aime, se montre coriace, est une chose courante au cinéma, "La proie" ou "A bout portant" étant les derniers exemples dans le cinéma français).
Karine Vanasse arrive donc à conférer tantôt la fragilité, tantôt la force à son personnage et si l'on peut tout de même regretter quelques réactions "bizarres" de son personnage, elle est vraiment la réussite du film.
Mais le personnage le plus mal servi, ce qui est fort dommage dans un thriller, c'est le rôle du méchant, de la méchante en l'occurence. Effectivement, ce personnage est quasi inexistant et très mal desservi par un scénario qui s'en désintéresse totalement.
Côté réalisation, le bon et le mauvais alternent régulièrement. Si Schoendorffer tente vraiment d'instiller un rythme au film et y arrive parfois, certains de ses choix de réalisation sont plus que discutables comme l'utilisation de "Body Cam", cette caméra accroché au torse de l'acteur et qui procure, comme effet, que le décor bouge derrière un acteur qui reste au centre de l'image (l'effet est souvent "gerbant", ce qui fait qu'il est souvent utilisé dans les spots contre l'alcoolisme).
Pour autant, le film ne manque pas de rythme et la course poursuite entre Sophie Malaterre et Damien Forgeat (Éric Cantona) est plutôt plaisante (hormis le passage de la "Body cam").
Car oui, Éric Cantona interprète un flic un peu pataud et bougon, un flic sans réelle profondeur qui empêche probablement Cantona de composer quelque chose, se contentant alors d'être présent physiquement.
Avec, donc, un seul personnage intéressant, un scénario alambiqué qui se résout en quelques secondes grâce à un retournement aussi attendu que redouté, des pistes lancées mais jamais suivies, une interprétation en dents de scie et une réalisation qui n'excellent jamais, "Switch" est loin d'être une grande réussite malgré la présence de personnes intéressantes aux postes clés (réalisation, scénario, interprétations).
Si le film se suit pourtant agréablement, on ne peut s'empêcher de penser qu'avec un peu plus de travail sur le scénario aurait pu rendre un grand service au film, dommage.
A partir de là, la chronique contient des révélations sur le film. A vous de poursuivre si vous le désirez.
Le scénario est donc à la fois le point fort et le point faible du film. En effet, Grangé tisse, comme à son habitude, des pistes dans tous les sens, tenant le spectateur en haleine pendant le temps qu'il se rende compte que celles-ci ne mènent à rien.
Ainsi, que penser de cette jeune femme qui quitte le Québec pour Paris, sans même prévenir sa mère. De cette jeune femme qui ne s'étonne pas que quelqu'un échange un appartement de 300 m² au pied de la tour Eiffel contre une petite maison à Montréal. De cette mère qui ne fait pas la différence entre la photo de sa fille (Béatrice Serteaux) et celle de Sophie Malaterre. Qu'aucune vérification d'empreintes ne soit faite. Que la tueuse qui comptait uniquement prendre la place de Sophie au Québec se trimballe avec la tête de celui qu'elle vient de tuer à Paris. Que la même tueuse place cette tête sur le lit de Sophie quand la mère de celle-ci pénètre la maison pour récupérer les papiers de sa fille. Que cette mère préfère entrer dans la maison plutôt que d'appeller la police. Quel intérêt, pour la tueuse, d'inscrire ce message de sang au dessus du lit de Sophie ? Quel intérêt, alors, pour la tueuse, de jeter la tête dans le lac puisqu'elle a buté la mère et cramé la maison ? Que vient faire cet iranien dans l'histoire ? Est-il mêlé à l'affaire ? Et bien d'autres choses encore.
Bref, un scénario un peu foutoir.
Human Target - saison 2
Human Target est une série d'action "bas du plafond", sympathique, à l'image des films d'action des années 80. Du moins, dans la première saison.
Cette première saison s'arrêtait sur Christopher Chance (Mark Valley), le héros, en prise avec son passé et qui se retrouvait en mauvaise posture, poursuivi, capturé et torturé par un vieil ennemi. Il réussissait à s'en sortir mais son partenaire, Winston (Chi Mc Bride), avait disparu.
La deuxième saison démarre donc là où la première s'est arrêtée et Chance et Guerrero (Jackie Earle Haley) vont faire en sorte de sauver la peau de Winston et de se débarrasser de tous les ennemis. Une fois la chose faite, Chance disparaît sans plus donner de nouvelles.
Rapidement, Ilsa Pucci (Indira Varma), une riche veuve contacte Winston pour retrouver Chance, seule personne, selon elle, capable de la protéger des tueurs qui lui en veulent.
Six mois plus tard, la veuve retrouve Chance dans un temple bouddhiste perdu dans les montagnes du Népal.
Chance finit par accepter d'aider la femme et donc, de reformer l'équipe avec Winston et Guerrero.
Une fois la menace disparue, Ilsa Pucci décide de profiter de son argent pour financer l'agence du trio et ainsi leur offrir des moyens financiers et techniques supérieurs pour réaliser leur travail.
C'est donc sur l'idée de base de la nouvelle tête pensante de la série (celui-ci ayant changé dans cette deuxième saison) que la deuxième saison débute.
Si l'intention est certes louable, tenter d'améliorer la série en offrant aux protagonistes des moyens supérieurs, on va vite se rendre compte que c'était une mauvaise idée et que le mieux est souvent l'ennemi du bien.
Bien sûr, le concept de base de la série (des mini-films bourrins de 40 minutes) ne nécessitait pas d'offrir des moyens techniques au trio de peur de faire virer l'ensemble vers un ersatz de "Mission impossible". Mais le risque était encore plus grand de tenter d'élargir la cible de la série sans prendre en compte la cible première (le mâle avide d'action et d'humour).
Car c'est évidemment pour tenter d'atteindre la femme et la ménagère que les scénaristes font entrer dans l'histoire, pas une, mais deux femmes. La riche veuve qui finance l'agence et qui relègue, du coup, Winston à un rôle secondaire et Ames (Janet Montgomery), une voleuse qui intervient naïvement dans la tentative de meurtre sur Ilsa et qui sera ensuite embauchée par l'agence.
Si on devine dès les premiers épisodes que la veuve n'est présente que pour proposer une romance à l'eau de rose à Chance, la voleuse, quant à elle, n'a pour principal intérêt que de proposer une tête de turc à Guerrero par son verbiage incessant, remplaçant en cela Winston (dans le rôle de la tête de turc et non par le verbiage) qui, décidément, est relégué à tous les plans.
A part si on est en Asie, injecter une femme dans un film bourrin ne fait que ralentir le tempo et minimiser l'action. C'est exactement ce qui se produira dans cette deuxième saison où le rythme est bien plus lent, les scènes d'actions moins nombreuses et les temps morts plus omniprésents.
Outre l'agacement provoqué par le personnage d'Ilsa dans les deux premiers tiers de cette deuxième saison, la femme trop snobe cherchant toujours à se mêler de tout, sa seule présence suffit à ralentir les épisodes qui suivaient, jusque là, un rythme frénétique.
Mais la présence de la voleuse aura également un double désavantage, le premier étant le même que celui de la veuve (vouloir se mêler de tout et ralentir l'action de par sa présence) mais aussi, et surtout, de ramollir le personnage de Guerrero en le rendant plus humain, donc moins intéressant.
Effectivement, Guerrero était, jusque là, un homme mystérieux, à la fois cynique, dangereux, sans peur, bon combattant, expert en informatique et en renseignements...
Avec la présence de la jeune femme, il devient faussement méchant voire sympathique, donc humain, donc, paradoxalement, moins attachant. Car ce qui faisait l'intérêt principal du personnage c'était son côté énigmatique et dangereux. Capable de tuer de sang froid ou de se sacrifier, le personnage était extrêmement dangereux et craint dans la profession. Le Guerrero nouveau a bien du mal à être à la hauteur de sa réputation d'autant que les scénaristes lui octroient un point faible des plus humains que je vous laisserai découvrir mais qui n'est jamais vraiment utilisé (cela était peut-être prévu pour une troisième saison qui ne verra jamais le jour), donc, inutile.
Chance n'échappe pas non plus aux changements. Si on lui connaissait des sentiments pour une femme qu'il devait tuer, qu'il avait décidé de protéger et dont la mort avait participé à le faire changer de voie, les femmes qui passaient jusque là dans les épisodes, étaient prétextes à de la petite romance qui ne nuisaient en rien à la série. Là, avec des ficelles grosses comme des câbles, la relation entre lui et Ilsa évolue vers une romance à la fois très prévisible mais aussi préjudiciable à la qualité première de la série, l'action.
Cependant, même le côté qui aurait pu être bénéfique pour la série, le renforcement de la technologie, ne fait que nuire également au rythme. Cette technologie remplace une partie de l'action et, donc, réduit le côté "bourrin" de l'entreprise.
Au final, en voulant augmenter l'audience, les scénaristes, à travers une fausse bonne idée, ont réussi à plomber une série qui s'avérait être très divertissante.
Avec moins d'action, moins de rythme, des anciens personnages plus mous, des nouveaux personnages agaçants, et, surtout, un Guerrero rendu plus humain, cette deuxième saison ne pouvait qu'annoncer la mort de la série, ce qui sera chose faite. Dommage.
Human Target - saison 1
Tout comme pour le cinéma, dans le monde de la série, il y a les séries qui vous marquent comme "The Shield", celles que vous n'aimez pas et celles que vous aimez regarder mais qui ne vous marqueront pas sur la durée.
Tout comme pour le cinéma, dans le monde de la série, il y a les séries volontairement stylisées, les séries aux scénarios intelligents et les séries qui n'ont d'autre but que de vous divertir.
Tout comme pour le cinéma, dans le monde de la série, il y a des séries que vous aimez regarder, qui vont vous divertir sur l'instant, mais qui ne vous marqueront pas.
En conclusion, dans les séries, il y a "Human Target".
Human Target est une série américano-canadienne qui s'étend uniquement sur deux saisons, une de 12 épisodes et une de 13.
La série "Human Target" est adaptée d'une bande dessinée éponyme. Elle conte les aventures de Christopher Chance, un garde du corps à son compte et au passé trouble.
L'homme est entouré de Winston, ami et coordinateur de l'agence et de Guerrero, un personnage à la fois énigmatique et inquiétant qui fait office de "pirate informatique", d'informateur, de voleur et de contacts avec des personnages qui ne font pas toujours dans la légalité.
Chaque épisode dure 40 minutes et est construit comme un petit film d'action des années 80. Tous les ingrédients des films qui ont fait la gloire de JCVD, Bruce Willis, Stallone, Schwarzenneger, Dolph Lundgren... sont présents dans chaque épisode. Effectivement, Christopher Chance n'hésite jamais à mettre la main à la pâte et son poing dans la gueule des personnes qu'il croise pour arriver à ses fins.
Chaque épisode est alors un concentré d'action dans lequel Chance se bat dans un avion, Chance se bat dans un train, Chance prend d'assaut un immeuble sécurisé, Chance infiltre une ambassade Russe...
Mark Valley interprète ce garde du corps viril et nonchalant qui cache, derrière son apparente assurance, des blessures que la série évoquera au fil des épisodes. Blond, belle gueule, yeux bleus, musclé, l'homme a tout pour ravir la gent féminine et, cela tombe bien, car, comme dans la plupart des séries américaines, toutes les femmes sont forcément des mannequins, qu'elles soient agent du FBI, rebelles d'amérique du sud, juges, ingénieurs, expertes en informatique...
Chi Mc Bride interprète le "manager" de Chance. Grand black à l'embonpoint aussi certain que le mauvais caractère, il est à la fois l'ami de Chance et celui qui gère l'agence. Ancien flic, il n'hésite pas, parfois, à aller sur le terrain ou à faire appel à ses sources et ses connaissances pour faire aboutir une enquête.
Jackie Earle Haley interprète Guerrero, personnage énigmatique au physique commun mais au comportement inquiétant. L'homme a un passé aussi trouble que celui de Chance avec lequel il a partagé des aventures dangereuses. Ces liens forts ne se sont pas atténués avec le temps, ni avec le changement d'activité de Chance et c'est, imposé par ce dernier, que Guerrero travaille pour l'agence au grand dam de Winston qui ne peut pas vraiment le sentir.
La relation houleuse entre Winston et Guerrero est d'ailleurs au centre de bon nombre de situations comiques de la série qui, outre de l'action à profusion, ne manque ni de légèreté ni d'humour.
A vrai dire, si les personnages de Winston et de Chance manquent cruellement de profondeur, l'un se contentant d'être un mélange entre Jason Bourne et James Bond et l'autre d'être un mixe du Capitaine Dobey de "Starsky et Hutch" et de l'oncle de Will Smith dans "Le prince de Bel Air", c'est véritablement le personnage de Guerrero qui est intéressant dans cette série.
Personnage à la fois drôle (il balance du "ma poule" à tour de bras) et inquiétant, Guerrero est vraiment le personnage intéressant de la série. Lors de sa première apparition, face à deux gros bras venus le mater, il leur répond avec sang froid : "J'encaisserai les coups. Les coups, c'est tout ce que des amateurs comme vous savent donner. Seulement, bientôt, j'entrerai chez vous et je vous tuerai tous les deux dans votre sommeil. Je commencerai par toi Alfredo, comme ça Steven aura quelques jours de sursis avec Marla et les filles, c'est normal". Cette première réplique, lancée avec détermination a l'avantage de présenter un personnage froid, dangereux ou bien un véritable maître du bluff, mais les épisodes suivants démontreront que l'homme est réellement dangereux.
Au final, "Human Target" ne rate pas sa cible en proposant une série divertissante, sans prise de tête, durant laquelle on ne s'ennuie jamais. Sans véritable fil rouge (à part les quelques révélations sur le passé du héros), chaque épisode est conçu comme un mini film d'action à la sauce "années 80" que l'on peut déguster indépendemment les uns des autres.
C'est donc, enfin, une série que l'on peut regarder au compte-goutte, fonction du temps libre, sans avoir à attendre l'épisode suivant pour connaître la suite. Aussitôt vu, aussitôt oublié, les personnages sont à la fois sympathiques, mais pas trop forts pour qu'on puisse suivre les aventures avec plaisir sans jamais réellement s'attacher à eux. Contrairement à des séries comme "The Shield", aux personnages très forts, ou bien à "24 Heures" qui vous oblige à enchaîner les épisodes, "Human Target" n'est pas une série addictive, probablement, malheureusement, la raison pour laquelle la série n'a pas été reconduite après la deuxième saison.
Tous des pirates
Comme tu le sais très bien, toi, lecteur égaré sur ce blog, le portail de téléchargement MegaUpload vient d'être fermé par le FBI.
Plus que cela, des perquisitions et arrestations ont eu lieu à travers le monde afin d'arrêter les responsables de ce portail.
Effectivement, toi, vilain pirate puisque Internaute (oui, tous les internautes sont des pirates, tout le monde le sait) tu avais pour habitude d'aller télécharger des films et des séries hébergés chez MegaUpload ou bien aller les regarder en "streaming" sur MegaVideo.
C'est désormais impossible, non, tu n'auras plus accès à tes films (bon, en fait, il existe des dizaines d'autres hébergeurs de ce genre et tu trouveras toujours "Bienvenue chez les ch'tis", "Avatar" et "Intouchables".)
Il faut savoir que le site était hébergé à Hong Kong et que le FBI, poussé par Sony Music et compagnie, ont pris la décision de fermer tout et d'aller à travers différents pays pour arrêter les responsables.
Je me pose déjà la question de savoir si la Chine a donné son accord pour la fermeture d'un site hébergé sur son territoire, toujours est-il que la Nouvelle-Zélande, elle, a participé à l'arrestation du principal responsable.
Mais je me pose aussi d'autres questions. MegaUpload a été fermé parce qu'il permettait à des internautes d'y héberger des films sous licence. Le site a donc été fermé, non pas pour ce qu'il faisait, mais ce qu'il permettait aux autres de faire. En clair, il est considéré comme responsable du contenu que ses clients hébergent.
De la même façon, le FBI compte-t-il fermer toutes les banques suisses sous prétexte que certains de leurs clients y cachent, dans leurs coffres, de l'argent sale ou autres choses délictueuses ?
C'est un peu une porte ouverte sur le grand n'importe quoi. Si des trafiquants de drogues utilisent des Mercedes pour transporter leurs drogues, le FBI va-t-il faire fermer les usines Mercedes à travers le monde ?
Bien sûr, je suis un petit peu de mauvaise foi dans mes propos, les choses n'étant pas si simples. Effectivement, tout le monde sait que MegaUpload servait énormément aux échanges de fichiers illicites, mais pas que. Les entreprises ou les particuliers utilisaient également ces services pour échanger des fichiers trop lourds pour être envoyés par mail. Ainsi, une vidéo publicitaire ou de présentation, pour les uns ou bien une vidéo de famille pour les autres, pouvait très bien être hébergée.
Malheureusement, pour ces utilisateurs légaux, tous les fichiers viennent de disparaître, tout du moins, sont-il, pour le moment, inaccessibles.
Ce qui est inquiétant, également, c'est de se dire que le FBI peut fermer un site n'importe où dans le monde et pour le monde entier. Les USA se prennent ainsi pour les maîtres du monde virtuel et là, il y a de quoi s'inquiéter. Car plus qu'un hébergeur d'échange, c'est un peu la terre de liberté virtuelle qui est menacée. Pas étonnant, alors, de voir les Anonymous réagir aussi rapidement et massivement.
Mais, ce qui me semble la pire des choses c'est que, d'un côté comme de l'autre, chacun ne voit que son intérêt et ne cherche jamais à faire évoluer les choses dans le bon sens.
D'un côté, les internautes sont habitués, pour beaucoup, à avoir accès à une partie de la culture gratuitement (ce qui ne les empêche pas de consommer à côté, preuve en est que le cinéma français ne s'est jamais aussi bien porté que l'année qui vient de passer) et de l'autre, les producteurs et artistes ne pensent qu'en revenus et manque à gagner sans jamais s'inquiéter du fait que le support physique devient totalement obsolète.
Ainsi, plutôt que de se contenter de faire de la répression, il serait peut-être bon de réunir des gens des deux parties afin de réfléchir à une manière de permettre de consommer différemment.
Tout le monde le sait, le support CD, pour la musique, est un support obsolète. Avec les lecteurs MP3, les autoradios MP3, les gens prennent de plus en plus l'habitude de consommer la musique en MP3. Le CD est donc non seulement obsolète, mais devient également une barrière à la vente de musique.
Ainsi, celui qui préfère écouter sa musique MP3, s'il veut acheter la musique dans le commerce, doit encore l'acheter en CD. Il doit, ensuite, apprendre à ripper son CD, si celui-ci n'est pas protégé, pour obtenir son album légalement acheté en MP3 pour pouvoir l'écouter sur son lecteur MP3. Cela implique donc de maîtriser l'outil informatique et d'avoir des CDs non protégés. Sinon, tu peux légalement télécharger le même album en MP3 sur Internet, puisque tu possèdes l'original, mais, pas de bol, MegaUpload vient de fermer, donc tu ne peux pas le faire et si tu vas sur Emule, tu risques de recevoir un mail de menaces de la part de l'Etat car tu télécharges un fichier sous licence.
D'un autre côté, il faut savoir que la vente sur Internet modifie totalement la donne. Plus de frais de support CD, de gravage, d'impression de jaquettes, de fabrication de boîtiers, de stockage des CDs, de transport vers chaque magasin, de stockage dans le magasin, de vendeurs, de caissières...
Ainsi, le prix du CD d'Adèle, l'album 21, coûte chez Amazon.fr, 7 euros en fichiers MP3 et 11 euros en support CD.
Il serait alors intéressant de connaître le coût unitaire d'un format et d'un autre, pour voir si les producteurs ne s'en foutent pas encore plus dans les fouilles avec le MP3 vu les économies réalisées en se séparant du support physique.
Il serait donc temps de réfléchir à une nouvelle façon de consommer. Une solution qui permettrait aux consommateurs d'avoir accès à la culture pour moins cher et aux artistes d'être autant rémunérés qu'avant, si ce n'est plus. Pour sûr, ceux qui feront la gueule, ce sont les producteurs et ce n'est pas pour rien que ceux-ci préfèrent soutenir la simple répression.
En attendant, moi qui comptait chercher en Divx tous mes vieux films de séries B que j'ai en VHS, me voilà dans la mouise car si les films à succès sont facilement trouvables sur d'autres hébergeurs, mes vieux films, eux, ne l'étaient, pour la plupart, que sur MegaUpload. Tant pis pour moi.
Le repenti

Matthias Leblanc est Alexis Marceau. Alexis Marceau est Matthias Leblanc.
Mais avant Matthias, il y avait Alexis, un docker, magouilleur, menant la belle vie à force de petits trafics avec son ami et patron Victor.
Seulement, l'argent appelle l'argent et à force de trafiquer dans le dos de Victor, Alexis n'a d'autre choix que de le trahir et de le vendre à la justice. Pas de bol, Victor est relâché avant audience et en profite pour se venger et la vengeance est terrible : la mort.
La mort ? Pas vraiment, après avoir brûlé vif et avoir reçu une balle dans le coeur, Alexis survit tout de même. Après de multiples opérations chirurgicales, il change même de visage et obtient une nouvelle identité.
Alexis Marceau devient alors Matthias Leblanc et vit en Italie jusqu'à ce que la juge revienne le voir, six ans plus tard, pour lui demander d'infiltrer la bande à Victor sous sa nouvelle identité.
Autant dire que Matthias Leblanc n'a pas envie de revoir Victor mais, en même temps, il a laissé, derrière lui, à Dunkerque, sa femme et son fils. De plus, la promesse de la fin de son assignation à résidence finit de le convaincre.
Voici donc Matthias cherchant à retrouver la place qu'Alexis avait auprès de Victor. Connaissant et le milieu et l'homme, la tâche semble bien facile, cependant, Victor étant échaudé par la trahison d'Alexis, Matthias va avoir bien du mal à trouver la confiance du docker.
Dans le même temps, alors qu'il épie sa femme, il entre en contact avec son fils qui a bien grandit en 6 ans. De fil en aiguille, il entre également en contact avec sa femme de l'époque et apprend même qu'elle s'est remariée avec... Victor.
Entre la méfiance de Victor, la peur d'être découvert, la tentation de prendre sa femme dans ses bras et celle de sortir son fils de la drogue et lui faire arrêter son trafic, Matthias aura fort à faire.
"Le repenti" est une mini-série qui a été diffusée sur France 2 en deux épisodes de 90 minutes.
L'histoire prend coeur dans le monde des dockers de Dunkerque, de la magouille, de la mafia Russe, des containers fantômes, de l'argent...
Les premières images donnent le ton. Un homme, brûlé à de multiples degrés, déambule sur une route déserte. Derrière lui, un autre homme, armé, le suit, le rattrape et lui tire une balle dans le coeur.
Si le scénario est volontairement sombre, il tient, pourtant, sur une série d'incohérences. Alexis trahit Victor et ce dernier est arrêté, mais il est relâché et tente de tuer Alexis. Pourtant, alors qu'Alexis est toujours vivant et donc en état de témoigner, Victor est toujours libre, six ans après, malgré le meurtre de deux policiers au moins et la tentative de meurtre sur Alexis. Alexis a subit des opérations chirurgicales du visage, certes, mais personne ne le reconnaît ni à la voix, ni à la dentition, ni à la corpulence, ni à rien (pas même sa femme). Victor est échaudé mais pourtant il se laisse encore avoir...
Cependant, on passe assez facilement outre grâce à une bonne réalisation, une ambiance réussie (les docks, les containers, les embruns...) et surtout à une interprétation de qualité.
Si on peut regretter le manque de présence d'Artus de Penguerne, un bon acteur trop peu utilisé au cinéma, la série peut s'enorgueillir également de la présence de Bruno Debrandt dans le rôle de Matthias et, surtout, de Aurélien Recoing dans le rôle de Victor.
C'est effectivement la partition de ce dernier qui confère presque tout l'intérêt de la série. Sachant être à la fois humain, tendre, inquiétant, dangereux, protecteur, amoureux, haineux, il arrive à donner toute une profondeur à son personnage, le rendant crédible de bout en bout malgré un scénario qui aurait pu faire basculer le tout dans le n'importe quoi.
En face de lui Debrandt arrive également à étoffer son personnage en le rendant à la fois fort et fragile, cruel et protecteur.
Car, la force de la série est de ne pas basculer dans le manichéisme. D'ailleurs, on peut même dire qu'il n'y a pas d'anges dans ce film, ni même de personnage tout à fait sympathique.
Que ce soit la juge qui jette Matthias dans la gueule du lion à seule fin de faire tomber Victor, le flic joué par Artus de Penguern qui se révèle être une crapule mais en même temps, un peu pour le bien de la ville, le fils drogué, la femme d'Alexis qui se remarie avec Victor pour avoir une bonne situation, jusqu'à Matthias, lui-même, qui n'hésitera pas à tuer pour se sortir d'affaire, personne n'a vraiment les mains propres dans cette histoire.
Du coup, difficile de vraiment détester l'un ou l'autre des "méchants" mais également difficile de totalement s'attacher au "gentil". Cependant, on suit les aventures de tout ce beau monde avec plaisir d'autant que le tout est bien filmé et accompagné d'une musique qui se fond bien dans l'ensemble.
Au final, si "Le repenti" n'est pas dénué de défauts, il faut bien lui reconnaître de grandes qualités, surtout pour un téléfilm, sur le service public. Une histoire sombre, de bons acteurs, une bonne réalisation, une belle photographie, une bonne musique font de "Le repenti" un agréable spectacle.
Les nuits rouges du bourreau de jade
Julien Carbon et Laurent Courtiaud sont deux personnages assez particuliers dans le monde du cinéma.
Julien Carbon a été musicien, journaliste, puis critique de cinéma alors que Laurent Courtiaud a été réalisateur audiovisuel, écrivain et journaliste.
Avec une passion commune pour le cinéma asiatique, il était normal que les deux hommes se rencontrent et s'associent.
C'est d'abord dans l'écriture de scénario qu'ils se lancent, travaillant un temps pour Tsui Hark, ils livreront, pour Johnny To, le scénario de "Running out of time", ou d'autres comme les très mauvais "Black Mask 2" et "The Talisman".
Les deux hommes montent ensuite une maison de production, "Red East Pictures". Il était alors normal que l'étape suivante soit la réalisation d'un film.
C'est donc en 2009 qu'ils s'attèlent à leur premier métrage : "Les nuits rouges du bourreau de jade".
Tout, dans ce projet, ferait saliver n'importe quel amateur de cinéma de genre en général et de cinéma asiatique, en particulier.
Le casting, tout d'abord, si on peut émettre un doute sur la présence de l'ancienne Miss Météo de Canal + Frédérique Bel, comment ne pas être enthousiaste de la présence de Carrie Ng à la filmographie aussi longue qu'hétéroclyte ("City on fire", "Gunmen", "Naked Killer"...) ? Dans la même mesure, la présence de Jack Kao ("Island of Fire", "Asian Connection", "Full Alert"...) est un atout indéniable.
Les influences, ensuite. Bien sûr, le cinéma asiatique, par son ambiance, sa localisation, l'enracinement de son histoire, mais également à travers l'hommage au Giallo italien, ces films d'exploitation mélangeant horreur, sexe et torture ainsi qu'aux films de la nouvelle vague française et plus particulièrement "Le samouraï" de JP Melville dont on ne peut douter que l'imperméable de Frédérique Bel soit un clin d'oeil.
Donc, quand deux passionnés et connaisseurs de cinéma se lancent dans l'aventure d'un film avec une telle base et un tel support, on ne peut que s'attendre à une belle claque.
Et c'est d'ailleurs ce que promet la première scène, magnifiquement graphique dans laquelle une jeune femme asiatique nue, allongée sur une table, se fait recouvrir par une toile de latex avant que l'air ne soit aspiré afin que la matière épouse parfaitement le corps.
Cette scène, à la fois très belle, très sensuelle et magnifiquement réalisée, dans laquelle Carrie Ng se montre à la fois inquiétante, vénéneuse et resplendissante, laisse présager d'un grand moment de cinéma.
Car, il faut bien l'avouer, graphiquement, le film est superbe. Que ce soit les interprètes (en émettant un doute sur Frédérique Bel qui dénote) dont les traits lissent du couple diabolique (Carrie Ng et Stephen Wong) contrastent avec le visage buriné de Jack Kao. Que ce soit les décors, tant les décors urbains que les décors intérieurs de la chambre des tortures, du théâtre ou bien encore de la maison abandonnée. Que ce soit, enfin, l'éclairage et la photographie qui magnifient chaque scène.
Enfin, un scénario mêlant sadisme et masochisme, par la recherche du plaisir dans la douleur, au travers des racines des mythes et de l'Histoire autour des bourreaux. Le jade, symbole du pouvoir, de la vie éternelle et de la résurrection, utilisé, dans le film, pour procurer la douleur, la mort. L'idée, également géniale, de pousser le couple à monter un opéra chinois autour du plaisir qu'ils cherchent et de cette substance, qu'ils convoitent, qui, une fois ingéré, bloque toute réaction du corps en gardant la personne éveillée tout en décuplant chaque sensation, de plaisir ou de douleur.
A partir de là, les seules inquiétudes que l'on pouvait avoir résidaient dans l'interprétation de Frédérique Bel ainsi que dans le risque que le film sombre dans la contemplation et soit, ainsi, dénué de rythmes et de scènes fortes.
Comme le personnage de l'ancienne Miss météo, une tueuse au sang froid, appelle une interprétation froide, difficile de déterminer si l'interprétation monolithique de l'actrice est entièrement imputable à son personnage ou bien à un piètre jeu d'acteur.
Pour ce qui est de la deuxième inquiétude, malheureusement, il serait mentir que de dire que le duo de réalisateurs ont réussi à passer au travers.
Car, effectivement, si le film est bien vénéneux, magnifiquement graphique, parfois sensuel, il n'en demeure pas moins parfois chiant, un parfois qui s'étire vers le souvent. De plus, les amateurs de scènes dénudées risquent d'être déçus puisque le film ne comporte qu'une scène et demi (autant dire qu'après la première scène du film, plus rien). Ceux qui attendent des scènes gores vont également être déconcertés puisque le film ne s'appuie que sur une seule scène de torture, certes impressionnante, mais bien trop courte pour satisfaire les amateurs. Pour ce qui est de scènes d'action, passez votre chemin, le film est construit sur un rythme lent, très lent, contemplatif.
Malheureusement, si le film semble séduire une partie du public, il faut bien avouer, que je me suis bien ennuyé pendant tout le film même si je lui accorde de grandes qualités. Seulement, un bon scénario, un bon titre, de bons acteurs et une bonne réalisation ne suffisent pas toujours à me satisfaire, j'aime également quand il y a du rythme (ou alors il faut avoir le talent d'un Takeshi Kitano).
Une tentative plus qu'honnête, donc, avec de nombreuses qualités et deux défauts (Bel et le rythme) qui laisse présager d'un futur intéressant pour les deux cinéastes.
Reprises de justesse
C'est en y réfléchissant un petit peu (oui, ça m'arrive) que j'en suis venu à cette conclusion, tous les grands groupes rock, heavy, metal... ont usé et parfois abusé de reprises, sans même qu'on le sache, souvent, réussissant à faire totalement oublier la chanson originale.
Les exemples en la matière sont nombreux et même certains groupes ont basé leur carrière sur ce principe.
Ainsi, Led Zeppelin a très largement repris des chansons connues ou inconnues, allant même jusqu'à s'en approprier abusivement certaines, mais j'y reviendrai plus tard.
C'est donc en cherchant certaines de mes chansons favorites sur "Youtube" que je me suis rendu compte que beaucoup d'entre elles avaient déjà été chantées par d'autres.
Je vous en cite quelques unes, mais il en existe probablement, sûrement, beaucoup d'autres qui ne me viennent pas à l'esprit immédiatement.
1) "Diamond and rust", l'excellente chanson de Judas Priest, magnifiquement interprétée par Robert Haltford. Qui se souvient ou qui n'a jamais su que cette chanson avait été interprétée en premier par Joan Baez ?
2) Judas Priest, toujours, et l'excellente chanson "Race with the Devil". Encore une extraordinaire interprétation de Robert Haltford et un excellent duo de guitare. Mais qui se rappelle de la version originale ===> The gun
3) Knockin on heaven's door est une chanson dont on ne compte plus les reprises. Entre autres, la version de Guns N Roses. Cependant, je pense que tout le monde se rappelle de la version originale de Bob Dylan.
4) Metallica, a débuté sa carrière sur une multiple reprise de chansons du groupe "Diamond Head" (pas moins de 6 il me semble) dont le fameux "Am i Evil" ou "Helpless".
5) Comme je l'ai dit en préambule, Led Zeppelin a été le groupe phare du rock des années 70 mais également le roi du plagiat. Entre autres, leur tube "Whole Lotta Love" est en fait un plagiat de "You need loving" de Small Faces qui est elle-même une adaptation de "You need love" de Willie Dixon.
6) Poursuivons toujours avec Led Zeppelin. Un autre tube, une autre reprise (pas vraiment un plagiat sur ce coup là), "I'm gonna leave you", qui est, au départ, une chanson de Joan Baez.
7) Encore et toujours Led Zeppelin. "Black Dog" de Led Zeppelin est "plagiée" de la chanson "Oh Well" de Fletwood Mc.
8) Comme il y a matière avec Led Zeppelin, on continue avec Black moutain Side. Qui se souvient ou qui n'a jamais su que cette chanson était un plagiat de "Blackwater side" de Bert Jansch.
9) Deep Purple maintenant avec sa chanson "Hush". Sa chanson ? Hé non puisuqe Joe South la chantait déjà avant eux.
10) Deep Purple encore avec la chanson "Kentucky Woman" qui est une reprise de Neil Diamond.
11) Deep Purple toujours avec la chanson "River deep moutain high" qui est une reprise de la chanson éponyme de Ike & Tina Turner.
12) Encore et toujours Deep Purple avec leur magnifique chanson "Child in time" qui est loin d'être une création originale du groupe puisque très fortement inspiré de la chanson "Bombay calling" du groupe "It's a beautiful day".
13) Tout le monde, ou presque, sait que le tube de Van Halen, "You really got me", est en fait une reprise du groupe "The Kinks".
14) Jimmy Hendrix à immortalisé la chanson "All along the watchtower", grâce à son immense jeu de guitare, mais qui se souvient de la version originale de Bob Dylan ?
Bien sûr, on pourrait en rajouter encore et encore comme :
- "A man who sold the world" de Nirvana qui est une reprise de David Bowie.
- "I love rock n roll" de Joan Jett qui est une chanson originale du groupe "The Arrows".
- "Tainted Love" de Marylin Manson qui est à l'origine interprétée par Gloria Jones.
- Ou bien encore "Black Betty" de Ram Jam qui est, au départ, interprétée par Lead Belly.
En conclusion, c'est dans les vieilles marmites que l'on fait la meilleure soupe, certains groupes ne l'ont pas oublié et, ont même fait leur carrière sur ce principe, en le reconnaissant plus ou moins. En attendant, reprise, plagiat ou adaptation, le principal, pour l'auditeur, c'est que le groupe propose une bonne chanson et là, il faut dire que c'est souvent réussi.
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Des logos à gogo
Juste comme ça, pour s'amuser, voilà quelques logos que j'ai réalisés en quelques minutes. Aucun intérêt, c'est pour cela que je les mets sur mon blog.
Quick
Le cinéma coréen tente, régulièrement, de concurrencer le cinéma Hollywoodien en surfant sur ses plates-bandes, même si la corée ne s'est mise que très récemment au Blockbuster (film à gros budget mettant en oeuvre des scènes spectaculaires afin d'attirer le plus de monde possible dans les salles).
Effectivement, l'on peut considérer "Shiri" de Kang Je-Guy comme le premier "Blockbuster" coréen. Ce film ne date que de 1999.
Ensuite, le cinéma coréen s'essaiera au genre régulièrement, pour le meilleur et pour le pire.
- "2009 Lost mémories". Un film d'action réécrivant l'Histoire. Résultat concluant même si on aurait préféré sentir un peu plus la patte coréenne.
- "Haeundae". Un film catastrophe.
- "The Host". Un film d'horreur.
- "Frères de sang". Un film de guerre.
- "Le bon, la brute et le cinglé". Un Western.
- "Woochi". Un film de magiciens.
- "Man from Nowhere". Un film d'action.
"Quick" fait donc également partie de ces films bénéficiant d'un large budget afin de proposer un spectacle marquant à des spectateurs avides de films à gros moyens.
Et "Quick" a pour ambition de livrer un spectacle vrombissant avec cette histoire d'un ancien champion de moto reconverti en livreur à moto le plus rapide du pays. Alors qu'il est chargé de livrer un colis, ce dernier explose à peine remis. Pour sa mission suivante, il est chargé d'amener à un concert son ex-petite amie devenue chanteuse dans un groupe à succès. Au moment où cette dernière enfile le casque, un décompte apparaît sur la visière et la sonnerie d'un téléphone retentit. Il s'agit d'un homme qui a piégé le casque et menace de le faire exploser si le motard ne lui obéit pas. Objectif ? Livrer des colis explosifs.
Rien de bien extraordinaire dans ce scénario qui mélange allégrement des idées de "Speed", de "Taxi", de "Fast and Furious" (il devrait d'ailleurs sortir sous le titre "Fast" aux USA). Dans le rôle principal, Lee Min-Ki, le beau gosse de service, qui n'en est pas à son premier "Blockbuster" puisqu'il a déjà participé à "Haeundae".
Alors, qu'en est-il du film ? Effectivement "Quick" est créé comme un divertissement un brin décérébré (je suis généreux). Les scènes d'action se succèdent avec frénésie, offrant des courses poursuites entre motos et voitures ou entre motos et trains qui sont, parfois, très bien filmées. Malheureusement, l'ensemble est plombé par une volonté de surenchère nécessitant des effets numériques pas tous très bien maîtrisés (à côté, "Die Hard 4" est du pipi de chaton) et surtout, donnant des scènes pas du tout crédibles (mentions spéciales à la course poursuite sur les toits ou à celle dans le tunnel).
Autre gros problème, si les coréens sont les spécialistes du mélange de genre, n'hésitant jamais à mettre de la comédie dans des films d'actions, ici, les deux aspects se marient très mal du fait d'une réalisation souvent bien trop sérieuse qui dénote avec le cabotinage excessif (plénoasme mérité) des interprètes dans certaines scènes.
Car, si le mélange n'est pas un problème, il est souvent casse-gueule et se casser la gueule en moto, ça peut faire mal. Le ton humoristique n'apparaissant que dans certaines scènes, au lieu d'être saupoudré sur l'ensemble du film, finit par casser le rythme et par agacer, alors que je suis plutôt friand de ce genre de cuisine.
Niveau interprétation, donc, difficile de se faire une idée tant les interprètes passent de la position super sérieuse à la parodie loufoque en un clin d'oeil, là où ils auraient gagné à proposer un jeu un peu plus subtil.
Pour la réalisation, on peut vraiment regretter l'utilisation excessive des effets numériques (en même tant, difficile de réaliser certaines cascades en vrai tant elles sont irréalistes. A tel point que celles de "Le transporteur 3" apparaissent comme des modèles de sobriété.). Car, si l'ensemble est bancal, le réalisateur, Jo Beom-Goo, démontre qu'il est capable de proposer de belles scènes bien foutues (il l'avait déjà démontré dans "Bar legend"), même dans certains moments numériques. De plus, certaines cascades réellement effectuées sont suffisamment impressionnantes pour se suffire à elles seules (il suffit de regarder le générique de fin pour s'en rendre compte).
Au final, si "Quick" arrive parfois à distraire grâce à de multiples scènes de carambolages et de cascades, le film est plombé d'un bout à l'autre pas de l'humour tombant toujours à plat et par des effets numériques qui sont trop visibles et trop peu crédibles.
Le film n'est donc pas dénué de qualités comme un sens de la réalisation parfois plaisant et certaines cascades plutôt impressionnantes mais il s'avère bien trop pauvre en la matière, ou les défauts sont trop présents, pour pouvoir passer outre et n'en garder qu'un bon souvenir.








